Dati et les sondages

Publié le par SurveySay

Dans Le Parisien (mercredi 7 novembre 2007),  Rachida Dati annonce sa candidature à la Mairie du VIIème arrondissement de Paris. Les journalistes qui l'interrogent lui soumettent des propos attribuant à la Garde des Sceaux un meilleure crédit électoral que Françoise de Panafieu ("Vous auriez été une meilleure tête de liste UMP"). Rachida Dati évite prudemment de répondre à la question et de gêner François de Panafieu, à qui elle témoigne son respect. Nouvelle tentative du Parisien : "Mais vous, vous êtes populaire dans les sondages ?" Réponse du Ministre de la Justice : "Cette popularité me touche beaucoup, mais la légitimité politique s'acquiert par les suffrages."

Rachida Dati reprend ici une antienne sarkozyste : la légitimité politique procède uniquement du suffrage universel. Cet argument a fait l'objet
en 2006 d'une très grande utilisation de la part de Nicolas Sarkozy pour décridibiliser Dominique de Villepin, jamais élu. Citons ainsi "j'observe que ceux qui critiquent en général n'ont jamais été capables de se présenter à une élection, de se faire élire et pire, de se faire réélire " ce à quoi l'ancien Premier ministre avait répondu : “J’ai beaucoup de respect pour ceux qui briguent le suffrage universel, mais le choix que j’ai fait c’est de servir l’Etat.”).

Pourtant, malgré son apparente puissance, cet argument est faux. La légitimité politique puise à plusieurs sources. La nomination par une autorité élue, comme le Président de la république par exemple, est l'une d'entre elles : ce fut le cas de Dominique de Villepin Premier ministre nommé par Jacques Chirac, c'est le cas de... Rachida Dati, Garde des Sceaux nommé par Nicolas Sarkozy. Les performances sondagières procurent également une forme de légitimité politique : non pas le pouvoir politique effectif, mais ce que les chercheurs en science politique appelle le "capital politique" soit l'ensemble des ressources dont dispose un acteur du jeu politique. Et une bonne popularité dans les sondages constitue un atout majeur : on écoute davantage l'homme politique le plus populaire, selon les sondages. 

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