La liasse de sondages

Publié le par SurveySay

rocard.jpgLe Nouvel Observateur (6 décembre 2007) publie des extraits du livre de Ségolène Royal. L'un d'entre eux relate une visite de Michel Rocard au QG de la candidate. L'ancien Premier ministre lui aurait alors dit : "«Oui, reprend-il, tu n'y arriveras pas. Je suis le meilleur candidat. Il faut que tu te désistes en ma faveur.» Il sort alors d'un classeur une liasse de sondages surlignés au feutre. Je comprends que l'acte de destitution est prêt. Michel me dit : «Tu vois, j'ai les sondages. Depuis des années, j'ai les sondages. C'est moi le plus populaire dans la durée. Tu dois te retirer.»"

Cette anecdote illustre à quel point Michel Rocard n'a pas encore fait le deuil de ses ambitions présidentielles. Surtout, il montre comment une mauvaise interprétation des chiffres peut conduire à des erreurs stratégiques. En l'occurence, Michel Rocard reste certes très populaire, et a longtemps bénéficié de cote de satisfaction enviable, mais cette longévité sondagière ne lui donnait pas une légitimité suffisante pour incarner la candidature du PS

Publié dans Effets des sondages

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Marc Lacoste 10/12/2007 17:04

Qu'est-ce qu'on en sait, qu'il n'apparaissait pas comme légitime?

SurveySay 11/12/2007 18:13

Attention "pas suffisamment légitime" ne signifie pas "pas légitime". Sans jouer sur les mots et pour répondre brièvement à votre question, je rappelle que Ségolène Royal a été désigné par les adhérents à la suite d'un procesus de désignation interne aux PS, face à deux autres candidats : DSK et Laurent Fabius. Un désistement de la candidate aurait donc dû conduire à un nouveua vote, ou en cas de manque de temps, à un désistement en faveur du candidat arrivé en deuxième position, c'est-à-dire Dominique Strauss-Kahn. En revanche, au-delà de l'aspect conjoncturel, Michel Rocard avaitr évidemment la stature d'un homme d'Etat requise pour présider aux destinées de la France