Les commentaires sur les sondages de Royal

Publié le par SurveySay

Le traitement médiatique des sondages sur Ségolène Royal mérite une courte analyse tant il est vrai que "depuis plusieurs mois, les médias se concentrent de plus en plus sur Ségolène Royal, en résonance avec les sondages qui se succèdent. " (Le Monde 8 Avril). Les commentaires s'organisent principalement autour de trois dimensions :

1) La progression : Les observateurs soulignent tous la progression de Ségolène Royal dans les enquêtes d'opinion.  Avec le terme "percée" ("la percée française de Ségolène Royal dans les sondages" Libération le 5 avril), c'est le terme "ascension" qui revient le plus fréquemment : "poursuit son ascension dans les sondages" (Libération, 3 février). Cette ascension est fréquemment qualifiée d"irréstistible", comme le titrait notamment en une Paris Match.

 La progression paraît même sans fin : "Ségolène Royal n'en finit pas de monter dans les sondages" (Nouvel Observateur, 14 avril). André Santini en 1995 avait déclaré à propos d'Alain Juppé "A force de descendre dans les sondages, il va trouver du pétrole !". Pour le paraphraser, on pourrait dire qu'à force de monter dans les sondages, Ségolène Royal va toucher le ciel. Cette métaphore atmosphérique a d'ailleurs déjà été utilisée : "Cette envolée dans les sondages" (Libération, 12 avril). The sky is the limit. Mais plus on monte, plus l'oxygène se fait rare...

2) La préférence : Au terme de cette progresion, Ségolène Royal fait figure de préférée, non pas de l'opinion ou des Français, mais des sondages, comme si les sondeurs avaient leur candidat préféré. "Ségolène Royal, aujourd'hui grande favorite des sondages." (Nouvel Observateur, 10 avril), "La coqueluche des sondages" (Le Figaro 13 avril). Le terme "coqueluche" est particulièrement utilisé.

3) La durée : Une fois installée en tête des sondages, que fait la Président de la Région Poitou-Charentes selon les journalistes ? Elle "caracole". Et elle ne cesser de "caracoler" : "celle qui caracole en tête des sondages sur les "présidentiables" du parti pour 2007." (Libération, 25 mars), "Elle est partout : Ségolène Royal caracole dans les sondages" (Le Monde, 6 avril), "la Présidente de la Région Poitou-Charentes continue de caracoler en tête des sondages." (Le Monde, 12 avril)

 Devant l'usage quasi systématique de ce verbe, il nous semble utile de rappeler sa définition.

Caracoler : "v. intr. XVIIe siècle. Dérivé de caracole. 1. ÉQUIT. Exécuter des caracoles, des voltes. L'écuyer caracolait devant les tribunes. Faire caracoler son cheval."

Premier enseignement : le terme est issu du monde hippique, ce qui est sans doute très adapté pour décrire la "course de petits chevaux" que peut être une campagne électorale.

Approfondissons : caracoler signifie exécuter des caracoles. Certes. Mais qu'est-ce qu'une caracole ?

Caracole : "n. f. XVIIe siècle, d'abord caragol, puis caracol. Emprunté de l'espagnol caracol, « limaçon, escargot ». ÉQUIT. Anciennt. Évolution de troupes à cheval destinée à permettre aux cavaliers de se servir de leurs armes à feu. Auj. Série de voltes ou de demi-voltes qu'on fait exécuter à un cheval, en changeant quelquefois de main. Faire des caracoles."

L'étymologie est révélatrice : le terme est à l'origine d'usage militaire, ce qui illustre bien l'apreté du combat que se livrent les candidats socialistes.

Mais le verbe caracoler est polysémique. Il peut également signifier

"2. Avancer en sautant, en bondissant avec légèreté. Les enfants caracolent sur la route. Fig. Sa plume caracole avec allégresse."

C'est sans doute cette facilité de la progression qu'il faut retenir dans le terme "caracoler".

In fine, ce qui caractérise ces différents commentaires, c'est leur grande homogénéïté et surtout leur manque d'inventivité, de créativité dans l'analyse.

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eric 16/04/2006 14:24

Les deux personnalités Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal  ont pratiquement le même âge ­ 53 ans pour elle, 51 pour lui ­, la même ambition politique, grosso modo  la même notoriété. Elles sont sûres d'elles-mêmes et l’une des 2 va forcement gagner les prochaines élections présidentielles. Nicolas Sarkozy est un vrai professionnel de la communication mais Ségolène Royal à l’avantage d’être une femme. Pour le reste, les urnes les partagerons…