Une règle de science politique

Publié le par SurveySay

"Battants en 2006, battus en 2007 ?". Sous ce titre, Libération consacre sa partie évènements de l'édition du lundi 22 mai aux sondages d'opinion. Le chapeau de l'article donne le ton "Ségolène Royal à gauche, Nicolas Sarkozy à droite caracolent dans les sondages. Comme avant eux certains perdants des présidentielles depuis 1965."

Le jounral donne cependant la parole aux politologue et sondeurs : "Selon le politologue Jean-Luc Parodi, les sondages ne se trompent pourtant pas. Ils mesurent l'état de l'opinion avant le début de la campagne électorale, avant même que les partis ne désignent leur candidat. François Miquet-Marty, directeur des études politiques de l'institut LH2, note «la tendance croissante des électeurs à ne pas vouloir confirmer par leur vote ce qu'ont montré les enquêtes d'opinion»." Le journal, qui dresse sur une double page une critique éculée et facile des études d'opinion sur le thème "les sondages se trompent toujours", fait donc preuve d'une grande mauvaise fois, ou d'une incompréhension volontaire, de l'outil sondage, thermomètre ponctuel de l'état de l'opinion à un instant T.

Dans l'éditorial intitulé "Ecueils", Jean-Michel Thénard érige en théorème de science politique cette supposée tendance à l'erreur systématique : "La science politique est pleine de règles de navigation qui ajoutent aux interrogations. L'une veut, par exemple, que l'élu des sondages de l'année qui précède est rarement celui de la présidentielle." Le lecteur appréciera le caractère scientifique et rigoureux de l'adverbe "rarement". L'auteur ajoute immédiatement, comme pour se tirer une balle dans le pieds, qu'il n'est pas dupe de l'usage partisan de cette pseudo règle par les candidats malheureux : "C'est la préférée de tous les distancés du moment." Nouvel exemple de duplicité journalistique ?

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