Opinion en apesanteur

Publié le par SurveySay

Dans une tribune publiée par Le Monde (Samedi 26 août 2006), Alexis Dalem corrédacteur en chef de la Revue socialiste met engarde contre ce qu'il nome "le péril Royal" : "Si elle était désignée, sa défaite serait presque assurée. Pourquoi ? Parce que son discours politique est en décalage avec les grandes attentes des électeurs potentiels de la gauche. Les sondages renvoient une popularité flatteuse, mais ils n'ont aucune valeur prédictive avant le début de la campagne électorale. L'opinion publique reste pour l'instant en apesanteur et se laisse séduire par l'accessoire. C'est seulement lorsque le débat politique montera en intensité que se révèleront les clivages fondamentaux et les tendances profondes. Alors apparaîtront le décalage entre Mme Royal et l'électorat de gauche. Le problème, c'est que, entre temps, elle aura peut-être été désignée par son parti. Les socialistes doivent éviter ce piège".

L'absence de valeur prédictive des sondages, témoins de l'instantané, est un fait qu'il faut sans cesse rappeler. De façon similaire, l'étude des précédentes campagnes présidentielles montrent que l'opinion se cristallise dans les dernières semaines de la campagne électorale. Mais rien n'indique pour autant que l'opinion à l'heure actuelle n'est pas attentive au débat de fond et se "laisse séduire" par l'écume médiatique de la candidate Royal. Et malgré le rappel de l'absence de valeur prédictive des sondages, l'auteur se livre à une prédiction sur l'orientation du débat politique tout aussi fragile.

Publié dans Scrutin

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