Todd et les sondages

Publié le par SurveySay

Dans un entretien au Parisien (mercredi 13 septembre 2006), le démographe et historien Emmanuel Todd déclare à propos de Ségolène Royal : "Un grand hebdomadaire et des sondages d'opinion, à eux seuls, tentent de faire croire qu'elle existe... Ils l'ont désignée sans programme. C'est une sorte de putsch. Si c'est elle qui est désignée, on pourra dire que les sondeurs ont fait une OPA sur le PS." La charge est violente, mais on comprend mal le mécanisme qui est dénoncé. Les sondeurs ne font qu'enregistrer les mouvements de l'opinion, en l'occurence en faveur de Ségolène Royal. Emmanuel Todd réanime la vieille angoisse démocratique de la dépossession du pouvoir des citoyens par des intérêts particulier, ici les sondeurs. Dans la théorie du complot, il manque une grande chaîne de télévision et des intérêts financiers (de préférence émanant d'une multinationale américaine).

Le Parisien demande ensuite au théoricien de la fracture sociale "Vous n'aimez pas non plus les sondages..." Réponse : "Des sondages sur la politique réalisées un an avant l'élection, et donc avant que ne s'engage le débat électoral sont,à mon sens, indicateurs de rien du tout. Hors période électorale, les sondés répondent à un quizz. Ils sont à "Questions pour un champion" et on les teste pour savoir s'ils sont au courant..." Les sondages sont indicateurs de l'opinion au moment où elle est mesurée. Et à 220 jours du scrutin, elle effectivement lmoin d'être cristallisée.

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