Weill et les sondages

Publié le par SurveySay

Dans un éditorial intitulé "Sondage n'est pas adage" publié par Libération (Mercredi 27 septembre 2006), Pierre Weill, ancien président du groupe SOFRES, commente deux sondages Ifop et CSA publiés récemment qui confirme l'adhésion des Français aux prises de position de Nicolas Sarkozy sur la Justice. Il relève "En premier lieu, on est stupéfait, à la lecture des deux enquêtes, de voir à quel point «les réponses sont dans les questions» : au point qu'il est légitime de se demander si les résultats reflètent l'avis des sondés ou le pressentiment des sondeurs !" C'est évidemment le problème de la formulation de la question et des items de réponse et de leur influence sur le recueil de données qui est posé ici.

Pour autant, Pierre Weill estime "Il serait absurde de soupçonner les instituts de sondages de manipuler les enquêtes : non seulement parce qu'ils sont moralement attachés aux principes déontologiques que nous partageons tous, mais encore parce qu'ils ruineraient leur crédit à les enfreindre. Certes, nul n'est à l'abri de quelques maladresses : on n'en est pas moins étonné de voir de grands professionnels les laisser passer comme si elles ne fragilisaient en rien leurs analyses. N'est-ce pas risquer à l'excès de confondre les études d'opinion avec une simple reprise en écho des gros titres de la presse quotidienne ?" La morale et la préservation du capital confiance constitueraient ainsi les deux gardes-fous des instituts de sondages, qui seraient cependant soumis à la tentation de la simplifictaion médiatique.

Pierre Weill rappelle enfin la conception claissique des sondages : aider à la prise de décision et non pas la dicter : "les sondages, s'ils savent se protéger des préjugés de l'actualité immédiate, donnent des indications précieuses sur l'état de l'opinion ; mais ils ne sauraient, à eux seuls, justifier une politique, moins encore la dicter. Rien n'est plus dangereux pour un leader que de surfer en permanence sur les passions collectives, par définition impossibles à contenir."

Au final, ce texte est surprenant et contradictoire à plusieurs titres. En premier lieu, il s'agit d'un texte d'urgence, de réaction à l'actualité des sondages qui cherche à démontrer qu'il ne faut pas réagir à l'actualité immédiate. Surtout, il est très savoureux de voir l'ancien grand patron du deuxième institut de sondages créé en France, la Sofres devenue un groupe d'ampleur international, attaquer la profession dont il fut une grande figure.

Publié dans Usages des sondages

Commenter cet article