Quatre Députés dénoncent les sondages sur les primaires du PS

Publié le par SurveySay

Hémicycle

Quatre députés socialistes ont adressé jeudi 5 octobre 2006 une lettre ouverte au CSA lui demandant de "rappeler solennellement et publiquement les médias à leur devoir d'objectivité et de rigueur" à propos des sondages consacrés aux primaires au sein du PS.

Selon Pierre Bourguignon (Seine-Maritime), Didier Mathus (Saône-et-Loire), Paul Quilès (Tarn) et René Rouquet (Val-de-Marne), "le véritable matraquage de sondages sur les primaires au sein du PS qu'imposent les médias aux adhérents est devenu insupportable" et "devant tant d'excès, la déontologie des médias est en cause".  Dans la campagne pour l'investiture socialiste, MM. Bourguignon et Rouquet apportent leur soutien à Dominique Strauss-Kahn, tandis que MM. Mathus et Quilès ont pris position pour Laurent Fabius.

Evoquant la récente prise de position de la Commission des sondages, rappelant dans Libération que les sympathisants du PS sondés sur leur préférence, ne sont pas les adhérents socialistes qui vont voter, les quatre députés mettent notamment en cause un sondage Ipsos rendu public jeudi, reposant sur un échantillon de 245 sympathisants du PS. "Si l'on considère que cela correspond à environ 6 millions d'électeurs pour 180.000 adhérents, les militants représentent 3%, soit dans cet échantillon d'IPSOS, seulement 7 personnes". "Les sondages fabriqués dans ces conditions ne peuvent pas être scientifiquement et techniquement fondés", poursuivent les quatre Députés.

"En les présentant de manière fallacieuse et en entretenant sciemment et délibérément la confusion entre adhérents et sympathisants, les médias contribuent à donner à voir aux adhérents du PS une réalité qu'on voudrait leur imposer et qui est certainement de nature à orienter leur choix", concluent-ils.

Les hommes politiques ont souvent une relation ambivalente aux sondages, faite d'amour et de haine. En l'occurence, il faut s'interroger sur le fait que ces critiques sont émises de la part de proches des deux candidats socialistes distancés dans les sondages. Auraient-ils pris la même position si leurs champions respectifs faisaient la course en tête ? La charge contre les médias est également excessive. Chaque sondage publié est accompagné, comme la loi l'oblige, d'une fiche technique détaillant le nombre et la nature des personnes interrogées. Les instituts rappellent même depuis quelques semaines que seuls les adhérents pourront désigner le candidat socialistes et non les sympathisants. Pourtant, il faut également reconnaître que l'échantillon de 245 personnes est assez faible numériquement. Enfin, remarquons que ces élus socialistes sont assez suspicieux à l'égard des adhérents socialistes, qui seraient dans leur conception facilement manipulables sous l'effet du bruit médiatique

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