Triangle

Publié le par SurveySay

Dans un entretien accordé au Figaro (lundi 8 janvier 2007), Dominique Wolton, sociologue, directeur du laboratoire de communication et politique au CNRS, analyse ainsi le débat politique : "Ce qui va moins bien ? C’est d’abord la réduction du débat politique au triangle médias-sondages-hommes politiques. Toujours les mêmes hommes politiques. Une réduction étouffante de l’opinion publique aux sondages. Une omniprésence des mêmes journalistes qui en plus deviennent leurs propres commentateurs."

Il manque évidemment dans ce triangle le peuple, le "peuple introuvable" décrit par Pierre Rosanvallon. Chacun des sommets de ce triangle est en lien avec le peuple : les médias qui sont supposés l'informer, les sondages qui sont censés refléter son opinion et les hommes politiques qui en sont les représentants. Mais le peuple serait évacué de ce triangle par le jeu de ces trois acteurs qui dialoguerait en vase clos. Cette représentation est abusive et simpliste. Elle néglige notamment l'irruption d'acteurs de la société civile dans le débat politique : le rôle de Nicolas Hulot dans l'inscription de la thématique environnementale sur l'agenda politique ou celui de l' association Les Enfants de Don Quichotte pour promouvoir la lutte contre la précarité sont à cet égard révélateurs. Surtout, cette représentation triangulaire ignore les potentialités d'Internet. Les blogs et les forums viennent casser le monopole de l'information autrefois détenu par les médias classiques. Ils permettent à l'opinion publique de s'exprimer autrement que par les sondages et libèrent une parole qui était canalisée, pour le meilleur et pour le pire.  

Publié dans Effets des sondages

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Thomas 18/01/2007 13:48

Deux remarques sur le premier commentaire. D'abord, l'UBM, si il est un outil très utile pour la collection de données sur la "médiatisation" des divers candidats, ne doit pas servir, à mon sens, à lui faire dire ce qu'elle ne peut pas. En l'occurence, déduire de la visibilité effectivement très disparate des candidats des "effets" sur le sens du vote des électeurs. Enfin, si M. Bayrou a mis le doigt là où la "République saigne", les problèmes de visibilité différentielle de candidats dans les supports médiatiques ne datent pas de la période récente.

lycée galilée 76520 12/01/2007 14:56

bonjour, nous travaillons sur un sujet d'ecjs en rapport avec le rôle que les sondages d'opinions ont dans notre démocratie. Nous demandons si cela ne vous dérange pas de bien vouloir nous éclairer sur la question en nous aportant des informations et opinions pouvant concerner ce sujet. Nos sinceres salutations, merci par avance pour votre aide

alex broca 11/01/2007 13:42

vous connaissez l'UBM?

mesure de l’UBM (Unité de Bruit Media), qui est un outil de veille permanent de l'information qui s'impose comme le standard de mesure en temps réel de l'actualité. Il porte sur un périmètre plurimedia de 80 supports Presse, Radio et Télévision, généralistes et leaders en audience.

L'indice UBM intègre le volume et l'audience de l'information pour mesurer la pression médiatique. Votre impact (marque, thème, personnalité) est mis en perspective avec le contexte médiatique (avec un historique de 3 ans), et l'indicateur est suivi dans le temps pour établir des baromètres.

En résumé, plus un candidat passe au 20h00 sur TF1 ou A2, plus il a d’UBM donc de visibilité.

pour savoir combien, allez voir ce lien, c'est impréssionnant! Bayrou as mis le doigt là ou la république seigne.

http://2007.tns-sofres.com/UBM.php