La vérité sur les sondages

Publié le par SurveySay

Le Nouvel Observateur fait sa une avec un titre fort "Ce que les sondages vous cachent". Le sujet est traité par François Bazin qui écrit que ''Rien ne se passe comme prévu, ou tout au moins pas au rythme attendu. La faute à qui ? Aux sondages, bien sûr. Un par jour, quasiment. Sofres, Ipsos, Ifop, CSA : voilà les rois de la campagne. Ils disent «l'opinion des Français», ils nourrissent le commentaire, ils influent sur le comportement des candidats." L'influence des sondages ne porterait pas seulement sur les candidats mais sur la campagne tout entière "Sont-ils justes ? En tout cas, ils ne sont pas neutres puisqu'ils font tourner le système autour de leurs oracles. Ce sont des accélérateurs de mouvement dans un système médiatique qui, par nature, ne vit que dans l'urgence d'une élection encore virtuelle." Les sondages participent incontestablement au système médiatico-politique. Leur influence est indéniable, mais inférieure de loin à celle des médias qui décident de commenter ou non les résultats des sondages et surtout qui interprètent ces résultats. De ce point de vue, ce que les sondages nous cachent, c'est avant tout ce que les médias ne veulent pas divulguer.

Le Nouvel Observateur poursuit son analyse : "La question n'est plus de savoir si c'est vrai - ou du moins, aussi vrai qu'ils le disent. Le sondage, c'est l'événement, et l'événément, c'est ce qui s'impose aux candidats." Un sondage aux résultats surprenants (une évolution marquée à la hausse ou à la baisse, une inversion de tendance par exemple) constitue un évènement de campagne qui oblige les candidats à réorganiser leur stratégie, mais au même titre qu'un discours, un débat ou un déplacement. Les candidats doivent dans leurs stratégies de campagne gérer l'irruption de sondages.

L'article évoque ensuite le rapport de chaque candidat avec les sondages :
  • Nicolas Sarkozy qui "Tant que la Sofres ou l'Ifop lui montraient que sa campagne allait dans le bons sens et que celle de sa rivale tardait à prendre son envol, [...] était aux anges" s'inquiète de la perçée de François Bayrou.
  • Ségolène Royal qui préfèrent "Ne pas les regarder, les contester, les nier. [...] Les sondages passent, mais le programme «infuse». Voilà la ligne. Elle vient d'en haut." Mais, alors qu' "Ils furent longtemps le vrai ressort de son succès. Pour gagner contre Sarkozy, qui d'autre qu'elle, au PS ? Aujourd'hui, ils sont son pire ennemi. [...] Quand les sondages sont bas, tout soudain se déglingue."
  • François Bayrou préfère lui "Le ressenti du terrain contre la tendance des sondages. "
  • Et Jean-Marie Le Pen "n'y croit pas, il ne veut pas y croire. Les sondages se trompent toujours. Il le sait d'expérience. Fermez le ban."
Et l'article se termine avec la réactivation de la grande peur de la réédition du 21 avril 2002 "Ce que cachent les sondages ? Et si c'était d'abord lui ?" L'hypothèse de la sous-estimation du vote Front National dans les sondages demeure une inquiétude majeure, relayée par les médias.

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