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Publié le par SurveySay

Le Nouvel Obs publie cette semaine un article intitulé "Dans les cuisines des sondeurs", dans lequel Claude Weill décrypte de façon approfondie l'activité des sondages. L'article analyse pourqui en 2002 dans les sondages "rien ne s'est passé comme prévu, c'est que : 1) Tant que cet être étrange qu'on nomme un électeur n'a pas déposé son bulletin dans l'urne, il peut toujours changer d'avis ; ça sert à cela, une campagne électorale. 2) Les sondages sont un instantané, une tentative d'approche de la réalité à un instant T ; ils ne comportent pas seulement une « marge d'erreur » mathématique, mais aussi une part d'interprétation liée à la technique des « redressements ». C'est-à-dire que la photo peut-être floue ou déformée, et que les experts peuvent se tromper dans la lecture qu'ils en font." Volatilité du comportement électoral et absence de caractère prédictif de sondages : deux éléments fondamentaux de la compréhension des intentions de vote.  

Claude Weill analyse ensuite quatre phénomènes que les sondages tentent de mesurer :

  • Le niveau du FN : "Le vote Le Pen étant frappé d'une forte réprobation sociale, les électeurs lepénistes ont tendance à se comporter face aux sondeurs comme les crabes devant les pêcheurs à pied : ils s'enfoncent sous les rochers. Qu'ils refusent de répondre aux enquêteurs, camouflent leurs intentions ou ne se déterminent qu'au dernier moment, le résultat est le même : le compte n'y est pas."
  • La niveau élevé de Sarkozy "Il est très haut, tous les sondeurs en sont d'accord : autour de 33% au premier tour. Et relativement stable depuis janvier. Mais [...] Sarkozy n'est pas à l'abri d'une déconvenue, si Le Pen réussissait le même finish qu'en 2002."
  • La progression de François Bayrou "Tous les instituts ont enregistré, de décembre à la mi-février, une ascension régulière du candidat UDF, passé de 8 à 14% des intentions de vote (et même 16% dans le dernier Ifop-LCI, qui le donne gagnant, au second tour, contre Sarkozy)."  Le candidat de l'UDF doit en effet parvenir à "transformer un vote par défaut en vote d'adhésion" sous peine d'être "le réceptacle d'une humeur de l'opinion".
  • Que valent les sondages de second tour ? "Pas grand-chose. La bataille du 6 mai 2007 commencera le 22 avril à 20 heures. Avec des cartes neuves, comme au poker. Etonnant comme la leçon de 2002 a été vite oubliée : les surprises du premier tour peuvent balayer tous les scénarios d'anticipation. Mieux, il arrive que les sondages agissent comme des prophéties autodestructrices. "

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Thomas 28/02/2007 14:31

Je me permets aussi de préciser que, quelque part dans ces pages consacrées aux sondages, le journaliste décrit la marge d'erreur comme étant "indécidable".