Deux effets des sondages sur le vote

Publié le par Thomas

Depuis l'apparition des sondages on discute des effets potentiels des intentions de vote sur le choix électoral des citoyens. Deux d'entre eux ont été mis en évidence par la science politique américaine. Elles pourraient exercer sur les électeurs un effet bandwagon (« rallier le train en marche ») : les intentions de vote, indiquant le leadership du candidat X, inciteraient les citoyens à délaisser le candidat Y (et les autres), pour rejoindre le camp du leader. Ces sondages, par le réveil et la stimulation d'un comportement grégaire des individus, feraient converger les électeurs vers le candidat en tête. A l'inverse, les intentions de vote pourraient susciter un effet underdog (« secourir le perdant ») : le candidat en retard dans les enquêtes d'opinion se rendrait sympathique aux yeux des électeurs qui voudraient lui éviter le sort que les sondages lui prévoient, et le transformeraient ainsi en vainqueur dans les urnes.

Généralement, les sondeurs affirment que ces deux effets sont sans impact sur les résultats électoraux, puisque, selon les chiffres d'autres sondages, ils se compenseraient. Cependant, après plusieurs décennies de recherche scientifique, il n'y a pas encore de démonstration pleinement satisfaisante de l'existence d'effet(s) des sondages sur le vote des électeurs. Sans en apporter la preuve, pour le moment, on peut aussi évoquer un effet des sondages sur le taux de participation à un scrutin, et, partant, un effet indirect sur les pourcentages respectifs des candidats.

Publié dans Effets des sondages

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Thomas 13/03/2007 17:52

Bonjour, effectivement, comme lorsque d'une manière générale on aborde les effets des médias, ceux des sondages sont particulièrement ardus à mesurer. J'aurai envie de dire que les sondages (si effectivement ils ont des "effets") ne sont pas seulement susceptibles d'agir sur les "stratégies" des électeurs (comme vous semblez le dire): des modèles théoriques (mais construits à partir d'expériences ou à partir d'autres types de données) existent dans lesquels l'influence des sondages jouent sur les électeurs, mais pas de manière "consciente" si on peut dire, comme dans le cas de toutes les formes de vote stratégique, dont la plus connue, le vote utile. C'est un sujet fascinant, mais qui donne le rapidement le vertige quand il faut l'aborder de manière scientifique. Enfin, il ne faut pas mettre de côté, parmi la masse de variables susceptibles de peser sur le vote (ou le "non-vote") d'un individu, tous les facteurs sociaux, comme la catégorie socio-professionnelle, etc....

PAC 10/03/2007 21:29

Ça me semble en effet difficile de mesurer l'effet des sondages sur les stratégies des électeurs. Je ne sais pas trop quel dispositif il faudrait mettre en place. Juste en réfléchissant comme ça au problème, on peut se dire que ça a peut-être un effet non pas sur le candidat de droite sur le candidat de gauche mais à l'intérieur de chaque camp. Par exemple, on peut penser que les bons sondages de Sarko en janvier février n'attirent pas spécialement les gens de gauche vers N Sarkozy. En revanche, les bons sondages de S Royal pendant la primaire socialiste ont constitué un argument sérieux au moment de choisir le candidat socialiste. J'ai entendu plusieurs personnes m'expliquer que c'était la seule personne capable de gagner…