Risque statistique

Publié le par SurveySay

Dans un article intitulé "Le "M. Sondages" du PS s'inquiète" (Vendredi 8 mars 2007), Le Monde nous rappelle l'avertissement de Gérard Le Gall "l'homme des sondages de la campagne socialiste. Il était déjà celui de Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle précédente. C'est notamment lui qui, quatre jours avant le 21 avril 2002, avait remarqué au cours d'une réunion au QG de la campagne socialiste : "Statistiquement, il y a quand même une proximité inquiétante des intentions de vote entre Le Pen et Lionel?" La phrase n'avait alors suscité qu'un scepticisme général chez les jospiniens." Bis repetita. Il y a quelques jours, M. Le Gall aurait alerté les directeurs de campagne de Ségolène Royal, non pas sur le niveau du FN mais sur celui du candidat UDF : "Bayrou avance, avec un phénomène de vases communicants entre son électorat et l'électorat Royal. Il y a donc désormais un risque statistique réel pour Ségolène au premier tour." Ce risque est évidemment de ne pas figurer au second tour de l'élection présidentielle pour la deuxième fois consécutive.

Pour évaluer ce risque "Gérard Le Gall a donc compulsé intentions de vote et enquêtes qualitatives, vu les directeurs des instituts de sondages, refait ses calculs. Ségolène Royal reste stable dans les intentions de vote, a-t-il noté, mais Bayrou pénètre fortement à gauche, grignote l'électorat populaire et s'étend à droite. Il élargit donc son audience." Et la conséquence de cette élargissement d'audience sera sans doute matérialisée prochainement par un croisement des courbes d'intentions de vote de Ségolène Royal et François Bayrou, que le prolongement des courbes actuelles permet d'anticiper, si la dynamique centriste reste identique. Pour autant, rien n'est joué. La campagne officielle n'a pas débuté. Le jeu reste très ouvert à plus de 6 semaines du premier tour.

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Thomas 16/03/2007 12:43

Peut-être s'agit-il d'une surinterprétation, néanmoins l'usage par M. Le Gall du terme "audience" pour parler des "segments" (terme de marketing) de l'électorat qui semblent être "séduits" (et non pas "convaincus")par le candidat Bayrou me paraît révélateur du rapprochement des logiques économiques et politiques, notamment par le biais de l'utilisation commune d'un instrument, le sondage. Un des fondateurs nord-américains de l'instrument disait que le sondage est "un mécanisme adapté non seulement à la vente de pâte dentifrice mais aussi à la découverte de l'esprit public" (cité par BLONDIAUX Loïc, La fabrique de l'opinion. Une histoire sociale des sondages, Seuil, Paris, 1998, p. 161.). Il m'arrive d'avoir l'impression (j'euphémise)qu'on essaie de tout mettre en oeuvre pour m'inciter à voter pour X ou pour Y sans faire appel à mon intelligence.