Media, journalistes et sondages

Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 10:38
- Par SurveySay

Dans un article intitulé « Deux ans après, la sérénité affichée de Sarkozy » (Le Figaro, mardi 28 avril 2009) Charles Jaigu écrit « Ce visiteur du soir raconte que Nicolas Sarkozy a découvert avec délice, en fin de semaine dernière, le sondage du journal Sud-Ouest qui lui donnait 28 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle - soit seulement trois points de moins qu'en 2007. Ségolène Royal ne récoltant que 20 % des voix, un tout petit point devant François Bayrou, toujours en embuscade. »


Le délice se définit comme un plaisir extrême. On savait que les sondages pouvaient enivrer, provoquer une griserie ou faire couler les larmes. Nouvel effet découvert : le plaisir. Charles Baudelaire n'écrivait-il pas dans le Spleen de Paris « Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère. » ?

 

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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /2007 20:53
- Par SurveySay
Dans un article intitulé  "Son "communicant" ? Lui-même" (Journal du Dimanche, 2 décembre 2007), Florence Muracciole indique que Nicolas Sarkozy "teste les idées qui lui viennent à l'esprit à force d'étudier l'opinion. Pas un sondage ne lui échappe. Il prend le pouls de la France à travers les courbes de popularité qui le concernent, lui et l'ensemble du personnel politique, et bien sûr des enquêtes sur le moral des Français, leurs préoccupations, leurs envies, leurs refus." Nouvelle confirmation de l'intérêt et d el'attention portée par le Chef de l'Etat aux enquêtes d'opinion.

Plus étonnant, l'article révèle ensuite que "si tous les patrons d'instituts de sondages ont leurs entrées à l'Elysée, Patrick Buisson, ancien journaliste classé très à droite - il a officié à Minute, au Crapouillot, à Valeurs Actuelles puis, plus récemment, à LCI aux côtés de Michel Field dans Politiquement show - aujourd'hui politologue, a gagné, lui, ses galons de M. Opinion auprès du Président, même si Julien Vaulpré est son conseiller officiel en la matière. "Nicolas a été bluffé par Buisson lorsque celui-ci avait annoncé en 2005 la victoire du non au traité constitutionnel sur l'Europe", raconte un proche qui se souvient que, lors de la décoration qu'il a remise à l'ancien complice de Field, le Président s'est plu à rappeler le fait d'armes de l'impétrant."

Deux réflexions. Premièrement, un ancien journaliste supplémentaire dans l'entourage de Niolas Sarkozy, après Catherine Pégard (Le Point) et George-Marc Benamou (Globe), preuve de l'attention accordée au système médiatique. Deuxièment, c'est une prédiction sur la base de sondages qui a étonné  le Président. Pourtant, Nicolas Sarkozy ne devrait pas ignorer l'absence de valeur prédictive aux sondages : un sondage ne dit pas l'avenir, il montre le présent. L'utilisateur n'est pas toujours un fin connaisseur.
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Samedi 22 septembre 2007 6 22 /09 /2007 11:09
- Par SurveySay
La Canard Enchaîné (mercredi 19 septembre 2007) relève dans un article intitulé "ça laisse sondeur..." la contradiction entre deux enquêtes Ifop et IPSOS (cf. notre post). Le Canard raille ainsi "les sondeurs qui s'étaient faits un peu oublier depuis les élections, viennent de faire une brillante rentrée" et les "sacs d'embrouille des sondages, qu'aucun expert n'est en mesure de démêler...". Pourtant, comme nous l'avons déjà montré, le Canard se trompe en indiquant que les deux instituts ont posé des "questions identiques". Cette erreur fera-t-elle l'objet d'un rectificatif la semaine prochaine ?
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /2007 14:51
- Par SurveySay

Dans un article intitulé "Conseils de grands anciens aux deux protagonistes", Le Monde (mercredi 2 mair 2007), relate les propos de Michèle Cotta à propos de l'influence du duel télévisé de l'entre-deux-tours : "Le débat de 1981 a plus pesé sur le résultat que celui de 1974, parce que Mitterrand maîtrisait mieux la télévision. Mais aucun des débats auxquels j'ai participé n'a renversé le cours des sondages. Pourtant, ce moment important d'une campagne constitue la seule occasion de juger les comportements humains et politiques des candidats, de mesurer leur énergie et d'assister à un affrontement sur le fond." De fait, l'influence de ce type de débat sur les sondages et sur le vote est marginale : l'échéance est trop proche pour que le cours des choses puisse être inverser et le débat n'est qu'un élément du choix parmi d'autres pour les électeurs indécis. Cela n'enlève rien à l'intérêt et l'utilité de l'exercice.

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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /2007 20:12
- Par SurveySay
Daniel Schneidermann publie dans Libération (vendredi 23 mars 2007) un article intitulé "Sondages, le putsch inaperçu" revient sur les réserves émises par la Commission des sondages à l'égard de deux sondages de CSA, publiées dans le Parisien-Aujourd'hui en France des 8 et 15 mars. Il relève que l'attitude de la Commission, qui refuse de dire quelle est l'erreur commise par CSA, est "pudique" et remarque que "la commission des sondages  n'a rien trouvé à redire à un épisode antérieur, qui est pourtant sans précédent. Pour la première fois, des sondeurs ont testé au second tour un candidat (Bayrou, toujours) n'ayant, selon eux-mêmes, guère de chance d'y accéder. Et surprise : Bayrou serait vainqueur, contre Royal, comme contre Sarkozy. Ce faisant, comment ne pas voir que ces imaginatifs, davantage encore que dans leur production ordinaire, ont influencé les intentions de nombreux électeurs à partir d'un scénario de fiction construit par eux seuls et ne découlant pas des intentions pourtant (valablement, on l'imagine) recueillies par eux-mêmes. Comment ne pas voir que ces sondages ont détourné du vote Royal un certain nombre de ses électeurs, désireux avant tout d'éliminer Sarkozy."

Effectivement, plusieurs instituts ont publié des hypothèses de second faisant figurer le candidat en troisième position au premier tour, François Bayrou. On comprend que l'hypothèse puisse heurté la logique au premier abord, puisque seuls les deux candidats arrivés en tête du premier tour sont en mesure de s'affronter au second. Pourtant n'est-ce pas le propre d'une hypothèse que d'envisager des configurations qui ne vont pas de soi ? Rappelons également qu'il ne s'agit pas d'une nouveauté. Des sondages de second tour
ont déjà été réalisés opposant en 1988 François Mitterrand à Raymond Barre, ou en 1995 Jacques Chirac et Edouard Balladur. Enfin, il est évident que ces sondages de second tour qui donnent tous François Bayrou vainqueur ont contribué à légitimer et crédibiliser sa candidature, alimentant ainsi sa dynamique.

Daniel Schneidermann poursuit son analyse en versant dans l'excès : "Il faut peser ses mots, mais cette hérésie professionnelle constitue bel et bien un putsch, ou une tentative de putsch, des sondeurs sur la campagne. Les sondages sont habituellement d'efficaces machines à produire des prophéties autoréalisatrices. Bidule frémit dans les sondages, donc les sondages l'indiquent, et ce timide frémissement est porté à ébullition par la chaleur même des projecteurs médiatiques aussitôt braqués sur lui. Mais, avec l'invention de toutes pièces d'un scénario, le sondeur, grisé par sa puissance, choisit délibérément de s'affranchir de toute réalité, et franchit un palier." Le phénomène autoréalisateur décrit ici ne se réalise pas systématiquement. Certes, la montée dans les sondages suscite généralement un intérêt croissant des médias, mais une couverture médiatique plus forte ne se traduit pas mécaniquement par une hausse des intentions de vote.  Il ne suffit pas d'être exposé médiatiquement pour obtenir des scores élevés dans les sondages. Surtout, dans ce cas particulier, il semble abusif de prêter aux sondeurs une attitude séditieuse, dont la Commission des sondages serait complice. Tester une hypothèse de second tour originale ne remet pas en cause la démocratie. On a reproché en 2002 aux sondeurs de ne pas avoir joué leur rôle civique en alertant sur la présence du FN au second tour et d'avoir par leurs hypothèses de second tour installé la certitude d'un duel Jospin-Chirac. On les critique aujourd'hui pour avoir retenu ces leçons.
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 /03 /2007 07:34
- Par SurveySay
Dans un article intitulé "Le "M. Sondages" du PS s'inquiète" (Vendredi 8 mars 2007), Le Monde nous rappelle l'avertissement de Gérard Le Gall "l'homme des sondages de la campagne socialiste. Il était déjà celui de Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle précédente. C'est notamment lui qui, quatre jours avant le 21 avril 2002, avait remarqué au cours d'une réunion au QG de la campagne socialiste : "Statistiquement, il y a quand même une proximité inquiétante des intentions de vote entre Le Pen et Lionel?" La phrase n'avait alors suscité qu'un scepticisme général chez les jospiniens." Bis repetita. Il y a quelques jours, M. Le Gall aurait alerté les directeurs de campagne de Ségolène Royal, non pas sur le niveau du FN mais sur celui du candidat UDF : "Bayrou avance, avec un phénomène de vases communicants entre son électorat et l'électorat Royal. Il y a donc désormais un risque statistique réel pour Ségolène au premier tour." Ce risque est évidemment de ne pas figurer au second tour de l'élection présidentielle pour la deuxième fois consécutive.

Pour évaluer ce risque "Gérard Le Gall a donc compulsé intentions de vote et enquêtes qualitatives, vu les directeurs des instituts de sondages, refait ses calculs. Ségolène Royal reste stable dans les intentions de vote, a-t-il noté, mais Bayrou pénètre fortement à gauche, grignote l'électorat populaire et s'étend à droite. Il élargit donc son audience." Et la conséquence de cette élargissement d'audience sera sans doute matérialisée prochainement par un croisement des courbes d'intentions de vote de Ségolène Royal et François Bayrou, que le prolongement des courbes actuelles permet d'anticiper, si la dynamique centriste reste identique. Pour autant, rien n'est joué. La campagne officielle n'a pas débuté. Le jeu reste très ouvert à plus de 6 semaines du premier tour.
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /2007 09:57
- Par SurveySay

Dans Libération (mardi 27 février 2007), Jean-Michel Thénard publie un éditorial intitulé "Narcissisme" dans lequel il écrit "Il n'y a rien de plus dangereux que les sondages. Même les candidats les plus avisés s'y laissent prendre. Autant, quand ils sont mauvais, ils s'en méfient, autant, quand ils sont bons, tous se laissent griser et oublient le B.A.BA : un sondage n'est pas une prévision, mais une photographie de l'opinion." Le constat de la réaction des politiques aux sondages est établie depuis longtemps. En revanche, il est excessif de décrire les sondages comme le danger absolu pour les candidats (que dirait-on de la démagogie ?).

L'éditorialiste agite ensuite le spectre de la démocratie d'opinion, dont les sondages seraient les piliers, sans évoquer les médias pourtant principaux relais des opinions. "Plus on avance dans la démocratie d'opinion et plus les sondages prennent ainsi de l'importance. Mais, contre les idées reçues, ils influent moins sur l'électeur qui taquine les élites, que sur les candidats. A trop se sculpter en fonction du miroir que leur tend le peuple, beaucoup risquent de finir victime de leur narcissisme."

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Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 10:44
- Par SurveySay

Le Nouvel Obs publie cette semaine un article intitulé "Dans les cuisines des sondeurs", dans lequel Claude Weill décrypte de façon approfondie l'activité des sondages. L'article analyse pourqui en 2002 dans les sondages "rien ne s'est passé comme prévu, c'est que : 1) Tant que cet être étrange qu'on nomme un électeur n'a pas déposé son bulletin dans l'urne, il peut toujours changer d'avis ; ça sert à cela, une campagne électorale. 2) Les sondages sont un instantané, une tentative d'approche de la réalité à un instant T ; ils ne comportent pas seulement une « marge d'erreur » mathématique, mais aussi une part d'interprétation liée à la technique des « redressements ». C'est-à-dire que la photo peut-être floue ou déformée, et que les experts peuvent se tromper dans la lecture qu'ils en font." Volatilité du comportement électoral et absence de caractère prédictif de sondages : deux éléments fondamentaux de la compréhension des intentions de vote.  

Claude Weill analyse ensuite quatre phénomènes que les sondages tentent de mesurer :

  • Le niveau du FN : "Le vote Le Pen étant frappé d'une forte réprobation sociale, les électeurs lepénistes ont tendance à se comporter face aux sondeurs comme les crabes devant les pêcheurs à pied : ils s'enfoncent sous les rochers. Qu'ils refusent de répondre aux enquêteurs, camouflent leurs intentions ou ne se déterminent qu'au dernier moment, le résultat est le même : le compte n'y est pas."
  • La niveau élevé de Sarkozy "Il est très haut, tous les sondeurs en sont d'accord : autour de 33% au premier tour. Et relativement stable depuis janvier. Mais [...] Sarkozy n'est pas à l'abri d'une déconvenue, si Le Pen réussissait le même finish qu'en 2002."
  • La progression de François Bayrou "Tous les instituts ont enregistré, de décembre à la mi-février, une ascension régulière du candidat UDF, passé de 8 à 14% des intentions de vote (et même 16% dans le dernier Ifop-LCI, qui le donne gagnant, au second tour, contre Sarkozy)."  Le candidat de l'UDF doit en effet parvenir à "transformer un vote par défaut en vote d'adhésion" sous peine d'être "le réceptacle d'une humeur de l'opinion".
  • Que valent les sondages de second tour ? "Pas grand-chose. La bataille du 6 mai 2007 commencera le 22 avril à 20 heures. Avec des cartes neuves, comme au poker. Etonnant comme la leçon de 2002 a été vite oubliée : les surprises du premier tour peuvent balayer tous les scénarios d'anticipation. Mieux, il arrive que les sondages agissent comme des prophéties autodestructrices. "
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Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /2007 22:35
- Par SurveySay
Dans un article intituél "De nouveaux sondages en baisse accroissent l'inquiétude des socialistes" (mardi 20 février 2007), Le Figaro indique que les résultats de certains sondages politiques étaient fournis en avant-première aux responsables politiques du Parti Socialiste : "Ces sondages circulaient sous le manteau dès hier matin dans les couloirs du Congrès de Versailles et l'ambiance, parmi les députés socialistes, était encore plus plombée que la semaine dernière à l'Assemblée."

Qui fournit la primeur de ces résultats aux élus ? Sans doute pas les instituts de sondages, qui respectent une clause de confidentialité vitale pour leur activité (Qui achèterait des sondages stratégiques à un institut connu pour prendre des libertés avec ce type de secrets ?) Il ne peut s'agir que des médias, commanditaires et donc propriétaires des sondages. Faut-il voir là une nouvelle preuve de la connivence entre les élites médiatiques et politiques ?
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /2007 22:43
- Par SurveySay
Dans un article "François Bayrou joue la province contre Paris" (Le Monde, lundi 5 février 2007) analyse la progression du candidat centriste "désormais crédité d'un score à deux chiffres dans la quasi-totalité des sondages sur les intentions de vote au premier tour de la présidentielle". Pour comprendre sa position dans la course présidentielle et tenter d'anticiper ce que sera son évolution, il faut procéder à un retour historique : "En 2002, à ce stade de la campagne présidentielle, Jacques Chirac et Lionel Jospin se livraient toujours un coude-à-coude en tête des intentions de vote, aux alentours de 23-24 %, mais le chef de l'Etat avait désormais pris l'avantage sur son premier ministre. Loin derrière, Jean-Marie Le Pen et Jean-Pierre Chevènement se disputaient la troisième marche du podium, crédités l'un et l'autre d'environ 11-12 %. Mais le président du Mouvement républicain et citoyen amorçait une dégringolade qui le ramènera au seuil des 5 %, tandis que le président du FN n'allait cesser de progresser pour atteindre, in fine, le second tour." La comparaison avec 2002 ouvrirait donc deux pistes à François Bayrou : l'effondrement à la Chevènement ou la lente progression pour se qualifier sur la ligne pour le second tour. Le précédent de l'élection de 1995 dévoile la possibilité d'un autre schéma : "Edouard Balladur, premier ministre, caracolait en tête des intentions de vote aux alentours de 28 %. Lionel Jospin, finalement investi par le PS, bénéficiait d'un socle de 22-23 % et Jacques Chirac faisait figure d'outsider. Il était encore loin, cependant, des 20 %. Fin 1994, lâché par une bonne partie de son camp, qui avait préféré miser sur le favori des sondages, il avait atteint un étiage de 11-12 %."

Evidemment, l'article conclut : "Ces leçons, M. Bayrou les a méditées. Mais c'est le Chirac version 1995 qui l'inspire." François Bayrou en 2007 est au niveau de
Jacques Chirac en 1995 à la même époque de la campagne. Mais pour le candidat RPR, il s'agissait de son plus bas, tandis que le candidat UDF atteint son plus haut. Comparaison n'est pas raison.
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