Jeudi 29 novembre 2007
Dans un article intitulé "Le grand rêve de Besancenot", Le Nouvel Observateur (29 novembre 2007) analyse la popularité du dirigeant de la LCR : "Voilà donc l'envers de Sarkozy, son antimatière ! Voilà donc l'antidote, par les sondages adoubé ! Voilà l'automne d'Olivier Besancenot : Monsieur 40% de popularité pour BVA (33% pour la Sofres), aussi aimé que Ségolène Royal, seul politique de gauche à défier l'ennemi... " En mal de leader, la gauche devrait prendre garde à ne pas confondre (à nouveau ?) la popularité et le vote.
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Mercredi 7 novembre 2007
Dans Le Parisien (mercredi 7 novembre 2007),  Rachida Dati annonce sa candidature à la Mairie du VIIème arrondissement de Paris. Les journalistes qui l'interrogent lui soumettent des propos attribuant à la Garde des Sceaux un meilleure crédit électoral que Françoise de Panafieu ("Vous auriez été une meilleure tête de liste UMP"). Rachida Dati évite prudemment de répondre à la question et de gêner François de Panafieu, à qui elle témoigne son respect. Nouvelle tentative du Parisien : "Mais vous, vous êtes populaire dans les sondages ?" Réponse du Ministre de la Justice : "Cette popularité me touche beaucoup, mais la légitimité politique s'acquiert par les suffrages."

Rachida Dati reprend ici une antienne sarkozyste : la légitimité politique procède uniquement du suffrage universel. Cet argument a fait l'objet
en 2006 d'une très grande utilisation de la part de Nicolas Sarkozy pour décridibiliser Dominique de Villepin, jamais élu. Citons ainsi "j'observe que ceux qui critiquent en général n'ont jamais été capables de se présenter à une élection, de se faire élire et pire, de se faire réélire " ce à quoi l'ancien Premier ministre avait répondu : “J’ai beaucoup de respect pour ceux qui briguent le suffrage universel, mais le choix que j’ai fait c’est de servir l’Etat.”).

Pourtant, malgré son apparente puissance, cet argument est faux. La légitimité politique puise à plusieurs sources. La nomination par une autorité élue, comme le Président de la république par exemple, est l'une d'entre elles : ce fut le cas de Dominique de Villepin Premier ministre nommé par Jacques Chirac, c'est le cas de... Rachida Dati, Garde des Sceaux nommé par Nicolas Sarkozy. Les performances sondagières procurent également une forme de légitimité politique : non pas le pouvoir politique effectif, mais ce que les chercheurs en science politique appelle le "capital politique" soit l'ensemble des ressources dont dispose un acteur du jeu politique. Et une bonne popularité dans les sondages constitue un atout majeur : on écoute davantage l'homme politique le plus populaire, selon les sondages. 
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Vendredi 12 octobre 2007
hortefeux.jpgDans un article intitulé "Hortefeux oppose le soutien de l'opinion aux critiques des « prescripteurs »", Le Figaro (vendredi 12 octobre 2007) nous confirme l'attention des Ministres aux différents sondages publiés les concernant : "Brice Hortefeux pense que les bons sondages dont il est crédité vont changer la donne. Il a pris l'avion avec le dernier numéro du Point. Dans l'hebdomadaire, il est, avec Xavier Bertrand, le ministre qui progresse le plus avec une hausse de cinq points. « J'améliore mon score presque autant chez les électeurs de gauche que ceux de droite », se félicite-t-il. C'est Xavier Darcos, ministre de l'Éducation, qui, le premier, lui a communiqué ces bons résultats mercredi soir." Surtout, Le Figaro expose l'usage politique de ces bons sondages par le Ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale : "« Dans Paris Match, j'ai pris huit points de popularité, ajoute-t-il, cela montre que les Français ont compris. Les prescripteurs devraient se méfier car, une fois de plus, ils ne sont pas écoutés. »"
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Dimanche 23 septembre 2007
Panafieu.jpgDans une interview au Journal du Dimanche, Françoise de Panafieu répond à la question : "Un récent sondage vous crédite de 33% d'intentions de vote aux municipales contre Bertrand Delanoë. C'est mal parti..." Voici la réponse de la candidate UMP : "Restons prudents : quelques mois avant les dernières municipales, M. Séguin était à 62% et M. Delanoë à 29%. Au début d'une campagne, le Maire sortant a toujours un avantage."

Françoise de Panafieu formule une réponse classique et légitime, qui fait valoir qu'aucune élection n'est jouée d'avance. Le sondage auquel elle fait référence a été réalisé par TNS-Sofrès en avril 2000, soit 11 mois avant les dernières élections municipales. Cependant, il ne s'agit pas d'une intention de vote mais d'un duel comme le précise l'avertissement suivant sur le site de l'institut "Les résultats des " duels " qui sont présentés dans les pages suivantes sont l'expression d'une préférence entre deux personnalités pour exercer la fonction de Maire de Paris. En aucun cas, il ne s'agit d'intentions de vote."
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Vendredi 21 septembre 2007
Sarko.jpgLe Parisien (jeudi 20 septembre 2007) analyse les relations entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. L'article intitulé "le calvaire du Premier ministre" rapporte les propos suivant : "le problème c'est que Sarkozy veut tout faire, soupire un dirigeant de la majorité. Les ministres n'ont plus qu'un rôle de figuration et lors de la réunion hebdomadaire à l'Elysée, personne ne dit rien. D'ailleurs quand quelqu'un lui fait une remarque, il répond : tu as vu mes sondages ?..."

L'utilisation des sondages favorables comme bouclier face aux critiques pose une question classique de la démocratie : le bien est-il toujours du côté du nombre ? La majorité, dénombrée dans les urnes ou mesurée par les sondages, a-t-elle toujours raison ?
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Lundi 17 septembre 2007
Le Parisien (lundi 17 septembre 2007) publie un article intitulé "Jospin ne veut pas  être un acteur direct", dansJean Glavany lequel est détaillée la réunion des jospinistes dimanche à Paris : "Toute la journée on a donc débattu très sérieusement de mondialisation, d'individualisme et d'avenir du PS. On a vu Jean Glavany s'en prendre au sondeur Pascal Perrineau ("On a désigné Ségolène Royal parce que vous nous aviez dit qu'il n'y en avait qu'une qui pouvait gagner !"), Jospin interroge le même sondeur sur la méthodologie, comme le ferait un étudiant."

Pascal Perrineau n'est pas sondeur mais professeur des Universités à Sciences Po. Il dirige le CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, et à ce titre lit et analyse les sondages politiques. Au-delà de l'erreur journalistique, c'est surtout la remarque du Député PS Jean Glavany, grand pourfendeur des sondages (cf. notre post), qui laisse dubitatif : on entend comme une phrase de ces enfants qui, n'assumant pas leur erreur, cherchent à en faire porter la responsabilité à autrui. Le potentiel électoral de Ségolène Royal, tel qu'il a été mesuré par les sondages, a évidemment joué dans sa désignation comme candidate officielle, mais
au même titre informatif que d'autres critères politiques (comme le programme ou les idées défendues par exemple). La mise en accusation des sondages est une simplicité de raisonnement, qui permet de se déculpabiliser à bon compte.
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Dimanche 16 septembre 2007
Dominique de Villepin était l'invité de l'émission Ripostes sur France 5. Après un face à face, Serge Moati l'interroge sur la politique spectacle. Voici comment l'ancien Premier ministre articule sa réponse : 
villepin.jpgDominique de Villepin : Je pense qu'il est très difficile de trouver le juste équilibre. Dans le fond on a soit le choix qui est le mien qui est de se tenir gardé, d'essayer de préserver un espace de liberté, de réflexion, d'écriture, de temps qui vous permet d'être vous-même et d'aller suffisamment au fond de vous-même. Sinon, on prend le risque d'une forme de schizophrénie politique.
Philippe Sollers : et de désacralisation du pouvoir.
Dominique de Villepin :  Oui, mais qui vous place au niveau d'un produit, qui vous met dans la main de conseillers, et qui vous met dans la main des sondages. Prenons l'exemple de sondages, que je trouve absolument fascinant dans ce pays. Si on gouverne à partir d'une conviction, on prend des décisions. Si on gouverne à partir des sondages, Nicolas Sarkozy me l'a dit cent fois, m'a raconté comment dans la campagne électorale, tous les soirs avec deux sondeurs, ils se réunissaient pour savoir ...
Serge Moati :  ...Est-ce qu'on doit dire ça ou ça ?
Dominique de Villepin : ...si tel intitulé, tel mot... Est-ce qu'on dit Ministère de l'Identité nationale ou pas ? Est-ce qu'on perd  5 points ou est-ce qu'on en gagne 5 ? Ce sont des choix que certains hommes politiques font - et je le comprends très bien - quand ils sont dans la conquète du pouvoir. 
Serge Moati :  Vous le comprenez, mais vous détestez cela. C'est ça que vous êtes en train de nous dire ?
Dominique de Villepin : Moi je pars du principe que la conquête du pouvoir peut justifier cela. "

Le contenu informatif de cette intervention est riche. On apprend ainsi l'omniprésence des sondages dans la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Chaque mot, chaque action était pesé et passé quotidiennement au crible des sondages par le candidat UMP, qu'on savait lecteur et utilisateur d'enquête d'opinion mais peut- être pas avec une telle assiduité.

Surtout, le développement de l'intervention de Dominique de Villepin progresse de manière particulière, mêlant formules éclatantes ("schizophrénie politique") et sous-entendus brumeux. La politique spectacle est ainsi logiquement dénoncée par l'ancien Premier ministre, qui l'assimile à une maladie psychiatrique, un dédoublement de la personnalité qui réduirait l'homme politique au rang de produit qu'il s'agirait de vendre à l'opinion. La déshumanisation du politique laisse le pouvoir aux hommes de l'ombre, conseillers et pire encore sondeurs. La politique spectacle conduit finalement à la confiscation du pouvoir du peuple par l'entourage non élu des représentants devenus simplement marionnettes dans leurs "mains". 

Dominique de Villepin poursuit l'analyse des sondages en dissociant deux façons de gouverner : celle qui se fonde sur des convictions et celle qui s'appuie sur les sondages. La première méthode reçoit ses faveurs ("le choix qui est le mien") alors que la seconde est immédiatement associée à Nicolas Sarkozy, via l'exposé de son utilisation des enquêtes, non pas depuis son élection mais bien pendant la campagne électorale.

Le procédé se nomme un amalgame (la confusion volontaire de deux idées différentes) et consiste évidemment pour Dominique de Villepin à se différencier de Nicolas Sarkozy tout en le critiquant. Décryptons les différentes étapes du raisonnement : Gouverner, c'est avoir des convictions et non pas suivre les sondages. Or, Nicolas Sarkozy suivait les sondages pendant la campagne électorale. Déduction implicite suggérée : Nicolas Sarkozy gouverne aujourd'hui en suivant les sondages, donc il n'a pas de conviction, donc, à la différence de moi, il ne gouverne pas. Finesse suprème ou cynisme, alors que le journaliste tente de verbaliser ce que chacun comprend ("vous détestez cela. C'est ça que vous êtes en train de nous dire ?"), Dominique de Villepin signale sa compréhension à l'égard de ce comportement dans le cadre d'une campagne électorale, jouant ainsi sur la confusion qu'il a installée. Bel exemple d'un usage expert des ressources de la sémantique.   
 
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Mercredi 6 juin 2007
royal.jpgUn article du Monde (mercredi 6 juin 2007) intitulé "A Nantes,  Ségolène Royal tente de conjurer une "Assemblée bleu nuit" nous rapporte les propos de l'ex-candidate PS en meeting : "Puis ce fut l'ex-candidate qui tenta - avec peine - de retrouver ses envolées de campagne : "Ne vous laissez pas faire par le matraquage médiatique et sondagier ! Non, M. Sarkozy n'est pas le sauveur suprême qui va transformer le plomb en or. Lui et ses amis gouvernent depuis cinq ans. Ce sont eux qui ont entraîné le pays dans l'impasse."

L'usage de ce terme de "matraquage sondagier" n'est pas un nouveauté dans le vocabulaire de Ségolène Royal. Déjà, à l'avant-veille du second tour de l'élection présidentielle, elle avait employé un terme identique (cf. notre post). Nous relevons donc à nouveau l'hypocrisie de cette critique en rappelant que la profusion de sondages pro-Royal pendant la campagne interne au PS n'avait pas été dénoncée (sauf par ceux qui en étaient victimes).
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Vendredi 4 mai 2007

Dans les dernières heures de la campagne électorale, Ségolène Royal choisit comme stratégie de s'attaquer aux sondages. Dans un entretien accordé au Parisien publié ce matin, à la question "Tous les sondages disent que Nicolas Sarkozy va gagner...", Ségolène Royal répond "Ah, les sondages ! Pour moi, le seul qui vaille, c'est le vote des Français." Ségolène Royal, pourtant lectrice attentive des sondages, n'a pas relevé que le nombre d'indécis était mentionné dans la quasi totalité des sondages d'intention de vote publiés.

Puis lors d'une réunion publique à Lorient dans le Morbihan, elle a affirmé : "Les sondages matraquent de telle façon à démobiliser les électeurs puisque jamais ils ne sont accompagnés de la précision sur le nombre d'indécis. [...] Il y a donc encore de l'espoir pour ceux qui pensent que tout est joué [...] Quand j'entends la droite dire que les carottes sont cuites je trouve ça indécent. Je dis aux électeurs c'est à vous de décider, ce n'est pas aux sondages ! ". En déplacement au Petit-Bornand en Haute-Savoie, Nicolas Sarkozy a confirmé "ce ne sont pas les sondages, ce ne sont pas les médias qui feront l'élection, c'est vous".

Alors que Ségolène Royal n'a pas commenté les sondages, qui depuis le début de la campagne ne l'ont jamais placé en tête ni au premier ni au second tour, à deux jours de l'échéance, elle lance une attaque en règle contre les enquêtes d'opinion, qui lui sont toutes défavorables. Il s'agit évidemment pour la candidate socialiste de remobiliser ses électeurs potentiels et de convaincre les indécis dans un contexte médiatico-sondagier qui anticipe et annonce la victoire de son rival.

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Vendredi 4 mai 2007
La publication du sondage Opinionway pour LCI et Le Figaro, qui révèle que 53% des Français ont jugé Nicolas Sarkozy "plus convaincant" que Ségolène Royal lors du débat fait polémique (cf. notre post). Les directeurs de campagne de Ségolène Royal, Jean-Louis Bianco et François Rebsamen publient un communiqué de presse intitulé « à qui profite un tel sondage ? ». En voici le texte intégral :
"L'institut Opinion Way a déjà à plusieurs reprises démontré son manque de fiabilité. Sans aucune précision sur les marges d'erreur, cet organisme proclame que le candidat de la droite serait le vainqueur du débat d'hier soir sur tous les sujets économiques et sociaux, abandonnant les restes d'empathie à Ségolène Royal pour les thèmes dits compassionnels.
Jean-Louis Bianco et François Rebsamen, co-directeurs de campagne de Ségolène Royal, s'insurgent contre ces pratiques et dénoncent des manoeuvres de commande."

Ce communiqué met en cause de façon directe un institut de sondages sur sa méthode, un sondage réalisé par Internet (auprès d'un échantillon de 878 personnes ayant suivi le débat télévisé, issu d'un échantillon de 1.415 personnes constitué auparavant, selon méthode des quotas). Cette technique relativement nouvelle comporte encore des imperfections, comme toute technique sondagière. La Commission des sondages, qui a été saisie par les directeurs de campagne de Ségolène Royal, dira si ce sondage fait preuve de fiabilité. Remarquons également que la loi n'oblige pas les instituts de sondages à la publication des marges d'erreur, dont l'absence est reprochée à Opinion Way.
Enfin, ce communiqué s'inscrit évidemment dans la fébrilité des derniers moments de la campagne. De ce point de vue, la mise en cause de l'indépendance d'un institut de sondages et la dénonciation de "manoeuvres" n'est-elle pas avant tout révélatrice d'une forme de déception à l'égard des chiffres publiés quand ceux-ci ne correspondent pas à ceux qu'on attendait ?
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Vendredi 27 avril 2007

Le Point dans un article intitulé "Sarkozy peut-il perdre ?" révèle les coulisses du premier tour et rapporte que samedi 20 avril, une projection privée d'un film a été organisé par Maurice Lévy, le Président de l'agence de publicité Publicis : "Dominique Strauss-Kahn y a livré là ses calculs à partir des ultimes sondages secrets qui donnaient la tendance vérifiées ensuite dans les urnes : "Si Nicolas Sarkozy devance Ségolène Royal de plus de 4 point alors tout sera joué"". Confirmation que les sondeurs continuent leur activité jusqu'à la veille même du scrutin, et diffuse de manière confidentielle leurs derniers sondages, perpétuant ainsi un accès différencié à l'information.

Le Point revient ensuite sur le rapport du candidat UMP aux sondages :"Depuis des semaines, Nicolas Sarkozy répète qu'il est seul et qu'il n'écoute pas grand monde, surtout pas ceux qui l'abreuvent de conseils, définitifs ou dérisoires. "Il suffit d'un mauvais sondage pour qu'ils croient tout perdu ou d'un bon pour que je sois le Mozart de la politique", ironisait-il il y a quelques jours. Les sondages qu'il épluche depuis si longtemps peuvent le rendre intarissable. Ainsi se moquait-il encore : "je n'ai jamais eu un mauvais sondage, je fais désespérément la course en tête et on me demande de commenter ma chute !" Nouvelle confirmation de l'attention très forte portée par Nicolas Sarkozy aux enquêtes d'opinion.

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Vendredi 27 avril 2007

Dans un article intitulé "Les métamorphoses de Nicolas Sarkozy" (jeudi 26 avril 2007), Le Monde rapporte les propos de Nicolas Sarkozy à propos de "Franck Tapiro, jeune publicitaire, a été évincé du staff : "Un type intelligent et imaginatif, raconte M. Sarkozy, mais un blablateur. Au moindre sondage qui baisse, c'est la panique. François de la Brosse, qui l'a remplacé, c'est un calme, il ne diffuse pas de stress." L'analyse des sondages consiste à prendre du recul par rapport aux chiffres, ce qui implique de garder la tête froide et de ne pas laisser ses émotions prendre le dessus. En positif, comme en négatif.
 

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Lundi 9 avril 2007
Le Figaro (lundi 9 avril 2007) publie un article intitulé "Royal veut conjurer les mauvais sondages" dans lequel est analysée la dynamique de campane de la candidate du PS : "Au-delà du cercle militant socialiste, la candidature Royal peine à susciter l'enthousiasme. « 45 % des Français sont indécis », répond Ségolène Royal à ces mauvais résultats. À cela, elle ajoute les jeunes des banlieues qui ne sont pas pris en compte parce qu'ils n'ont pas de téléphone fixe et tous les Français « qui ne répondent plus aux sondages ». Bref, elle veut croire que les sondeurs seraient dans l'incapacité de mesurer de manière fiable l'état de l'opinion."

Quand les résultats des enquêtes ne sont plus satisfaisants, il est aisé de critiquer la façon dont ils sont recueillis. Reprenons un à un les arguments évoqués. La part d'indécis (42% des électeurs) correspond à ce qui qui est généralement observé à deux semaines d'un scrutin présidentiel. Les jeunes de banlieue ne sont pas tous nécessairement inscrits sur les listes électorales ni même tous "pro-ségo". Il est vrai cependant d'observer que les électeurs qui ne détiennent qu'un numéro de téléphone portable sont exclus des enquêtes téléphoniques, conduites dans la très grande majorité des cas sur des lignes fixes pour des raisons de coûts. Mais, en raison de la faiblesse numérique de ce segment de l'électorat, cette situation ne devrait pas bouleverser le résultat des intentions de vote. Enfin, rien n'indique que les Français refusent davantage de répondre aux sondages. Il faut cependant toujours préciser que les sondages sont représentatifs uniquement de l'opinion des Français qui acceptent d'y répondre.
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Jeudi 29 mars 2007
Dans un article intitulé "Villiers ironise sur les "cabris"" (mercredi 28 mars 2007), Le Figaro révèle les ambitions de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France : "Le député souverainiste espère atteindre les 5 % des voix qui permettent d'être remboursé des frais de campagne, et prendre date pour les législatives de juin prochain et les municipales de mars 2008. « Si je gagne 1 à 1,5 % d'intentions de vote supplémentaires chaque semaine jusqu'au scrutin, je peux obtenir entre 6 et 7 % des voix comme Bayrou en 2002, assure-t-il. Lors de la dernière présidentielle, 20 % des Français se sont décidés dans les huit jours qui ont précédé l'élection. »" Actuellement, Philippe de Villiers est crédité de 2 à 3% d'intentions de vote. En 1995, il avait obtenu 4,7% au premier tour.
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Samedi 17 mars 2007
Le point (jeudi 15 mars 2007) explique comment François Bayrou tire parti pendant cette campagne de ce qui aurait pu apparaître comme des faiblesses : un petit parti qui devient une équipe soudée, son provincialisme qui en fait le candidat du bon sens, mais aussi "Son manque de charisme, son physique qui faisait dire à Santini qu' « en matière de sondages, il n'y a que les oreilles qui décollent ». Pardi, ça le pose en « Monsieur Tout-le-monde » et les sondages cachent désormais ses oreilles". Le Maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini, membre de l'UDF qui a rejoint Nicolas Sarkozy, est un récidiviste en matière de commentaire humoristique sur les sondages. Il avait déjà déclaré à propos d'Édith Cresson, alors Premier ministre : « à force de descendre dans les sondages, elle va finir par trouver du pétrole ».
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Mercredi 14 mars 2007

Ségolène RoyalDans un article intitulé "La semaine des trois défis de Ségolène Royal" (mardi 13 mars 2007), Libération nous indique que "Ségolène Royal a fixé la ligne, dimanche soir, lors de la réunion du pôle «expression publique» de son équipe : «On ne commente pas les sondages.» Alors que sa capacité à l'emporter sur Nicolas Sarkozy avait constitué, pendant la primaire, un de ses meilleurs arguments de vente... «Quand les sondages démontraient qu'elle battait Sarko, ils avaient toute leur importance, ironise un élu. Aujourd'hui, ils ont toute leur relativité.»" Nouvel exemple de l'ambiguïté du rapport des politiques aux résultats des sondages. Il convient toutefois de rappeler que Ségolène Royal commentait peu les sondages lorsqu'ils lui étaient favorables pendant la primaire socialiste.

La règle édictée par Ségolène Royal à propos des sondages n'est pas acceptée aisément. "Une ligne qui ne convainc pas l'ensemble du PS. «On ne commente pas les sondages, mais on ne fera jamais croire qu'on ne s'y intéresse pas, assure une élue. Surtout pour Ségolène Royal...»"

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Lundi 26 février 2007

Invité dimanche 25 février 2007  de l'émission de M6 "Cinq ans avec...", Nicolas Sarkozy a déclaré à propos des sondages "Avec trois ou quatre sondages par jour, si je devais me dire ça y est, c'est arrivé quand ils sont très bons, ou ça y est, c'est perdu, quand ils sont un peu moins bons, je ne ferais plus mon travail." Discours classique et convenu de l'indifférence aux sondages.

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Vendredi 23 février 2007
Le Nouvel Observateur fait sa une avec un titre fort "Ce que les sondages vous cachent". Le sujet est traité par François Bazin qui écrit que ''Rien ne se passe comme prévu, ou tout au moins pas au rythme attendu. La faute à qui ? Aux sondages, bien sûr. Un par jour, quasiment. Sofres, Ipsos, Ifop, CSA : voilà les rois de la campagne. Ils disent «l'opinion des Français», ils nourrissent le commentaire, ils influent sur le comportement des candidats." L'influence des sondages ne porterait pas seulement sur les candidats mais sur la campagne tout entière "Sont-ils justes ? En tout cas, ils ne sont pas neutres puisqu'ils font tourner le système autour de leurs oracles. Ce sont des accélérateurs de mouvement dans un système médiatique qui, par nature, ne vit que dans l'urgence d'une élection encore virtuelle." Les sondages participent incontestablement au système médiatico-politique. Leur influence est indéniable, mais inférieure de loin à celle des médias qui décident de commenter ou non les résultats des sondages et surtout qui interprètent ces résultats. De ce point de vue, ce que les sondages nous cachent, c'est avant tout ce que les médias ne veulent pas divulguer.

Le Nouvel Observateur poursuit son analyse : "La question n'est plus de savoir si c'est vrai - ou du moins, aussi vrai qu'ils le disent. Le sondage, c'est l'événement, et l'événément, c'est ce qui s'impose aux candidats." Un sondage aux résultats surprenants (une évolution marquée à la hausse ou à la baisse, une inversion de tendance par exemple) constitue un évènement de campagne qui oblige les candidats à réorganiser leur stratégie, mais au même titre qu'un discours, un débat ou un déplacement. Les candidats doivent dans leurs stratégies de campagne gérer l'irruption de sondages.

L'article évoque ensuite le rapport de chaque candidat avec les sondages :
  • Nicolas Sarkozy qui "Tant que la Sofres ou l'Ifop lui montraient que sa campagne allait dans le bons sens et que celle de sa rivale tardait à prendre son envol, [...] était aux anges" s'inquiète de la perçée de François Bayrou.
  • Ségolène Royal qui préfèrent "Ne pas les regarder, les contester, les nier. [...] Les sondages passent, mais le programme «infuse». Voilà la ligne. Elle vient d'en haut." Mais, alors qu' "Ils furent longtemps le vrai ressort de son succès. Pour gagner contre Sarkozy, qui d'autre qu'elle, au PS ? Aujourd'hui, ils sont son pire ennemi. [...] Quand les sondages sont bas, tout soudain se déglingue."
  • François Bayrou préfère lui "Le ressenti du terrain contre la tendance des sondages. "
  • Et Jean-Marie Le Pen "n'y croit pas, il ne veut pas y croire. Les sondages se trompent toujours. Il le sait d'expérience. Fermez le ban."
Et l'article se termine avec la réactivation de la grande peur de la réédition du 21 avril 2002 "Ce que cachent les sondages ? Et si c'était d'abord lui ?" L'hypothèse de la sous-estimation du vote Front National dans les sondages demeure une inquiétude majeure, relayée par les médias.
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Vendredi 23 février 2007
Dans un article intitulé "La valse des sondages déboussole la campagne" (Le Monde, jeudi 22 février), Raphaëlle Bacqué analyse l'impact des sondages sur le début de la campagne électorale, et en particulier leurs incohérences : "Huit enquêtes d'opinion par semaine. Des premiers tours simulés entre des candidats, dont une bonne demi-douzaine ne sont pas encore sûrs d'obtenir les 500 signatures qui leur permettront de se présenter. Des seconds tours virtuels entre des hommes et des femmes qui peut-être ne pourront jamais y figurer. Des sondages réalisés avant une émission de télévision censée marquer une étape politique importante, mais publiés après." Le fait que les candidats testés n'aient pas encore obtenu leurs parrainages n'interdit pas réaliser des sondages, qui visent à mesurer le rapport de force présent. Tant que la campagne officielle n'a pas débuté, les sondages se font sur la base de candidatures hypothétiques, mais probables.

Le cas des seconds tours est différent. Le Monde relève plus loin que : "
Le fait de tester des deuxièmes tours virtuels entre des candidats qui ne passent pas le premier tour dans les mêmes enquêtes est en revanche une nouveauté de cette campagne. A dire vrai, pratiquement tous les grands instituts le font, la plupart du temps depuis le mois de décembre 2006. C'est le cas de la Sofres, d'Ipsos, du CSA, de l'IFOP, de LH2." Les instituts testent en effet des hypothèses moins réalistes qu'un second tour Sarkozy-Royal, mais probable comme celles faisant figurer Bayrou. Ce faisant, ils répondent à une critique qui leur a été adressé en 2002 : avoir installé dans l'opinion à coup de sondages de second tour l'idée de la certitude d'un second tour Jospin-Chirac.

Le Monde n'oublie pas pour autant de pointer le traitement médiatique des sondages, marqué par des titres exagérés pour être plus accrocheurs : "Et une valse de chiffres qui alimentent les gros titres des journaux. Samedi 17 février, Le Parisien titrait en "une" : "Elle décroche", en référence à un sondage du CSA où Ségolène Royal... gagnait pourtant 1 point d'intentions de vote, mais était donnée largement battue au second tour par Nicolas Sarkozy (45 % - 55 %). Lundi 19 février, Le Figaro assurait : "Nicolas Sarkozy prend le large", en référence à un sondage de la Sofres qui enregistrait une hausse de 1 point des intentions de vote en sa faveur au premier tour et une Ségolène Royal qui ne bougeait pas."

Le Monde relève ensuite le décalage entre la date de réalisation du sondage et sa date de parution, parfois espacées de plusieurs jours, ce qui atténue, voire invalide, la pertinence de résultats et pose la question de la manipulation : "Y a-t-il eu cependant manipulation dans le choix des dates auxquelles sont réalisés ces sondages ? Tout ce qui relève des baromètres d'intention de vote réalisés par les grands instituts est le résultat d'enquêtes de terrains programmées à l'avance, presque toujours les mêmes jours d'une semaine. Ils sont ensuite publiés selon la décision des clients qui les commandent. Le Point fait ainsi réaliser son sondage Ipsos toutes les deux semaines, toujours aux mêmes dates, boucle ses pages le mardi pour une parution le jeudi."
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Jeudi 22 février 2007
Interrogé sur RTL sur le sondage CSA qui fait état d'une progression de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy a déclaré : "J'ai eu 24 sondages qui me mettent en tête, je ne les ai jamais commentés. J'observais jusqu'à hier que l'équipe de Ségolène Royal indiquait que les sondages, ça ne voulait rien dire. J'imagine que depuis hier elle a changé d'avis"
 
Il a également ajouté "Cela n'a aucune signification si ce n'est que, un mois après, on rentre dans la campagne électorale".
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