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Rachida Dati reprend ici une antienne sarkozyste : la légitimité
politique procède uniquement du suffrage universel. Cet argument a fait l'objet en 2006 d'une très grande utilisation de la part de Nicolas Sarkozy
pour décridibiliser Dominique de Villepin, jamais élu. Citons ainsi "j'observe que ceux qui critiquent en général n'ont jamais été capables de se présenter à une élection, de se faire élire
et pire, de se faire réélire " ce à quoi l'ancien Premier ministre avait répondu : “J’ai beaucoup de respect pour ceux qui briguent le suffrage universel, mais le choix que j’ai fait
c’est de servir l’Etat.”).
Dans un article intitulé "Hortefeux oppose le soutien de l'opinion aux critiques des « prescripteurs »", Le Figaro (vendredi 12 octobre 2007) nous confirme l'attention des
Ministres aux différents sondages publiés les concernant : "Brice Hortefeux pense que les bons sondages dont il est crédité vont changer la donne. Il a pris l'avion avec le
dernier numéro du Point. Dans l'hebdomadaire, il est, avec Xavier Bertrand, le ministre qui progresse le plus avec une hausse de cinq points. « J'améliore mon score presque autant chez les
électeurs de gauche que ceux de droite », se félicite-t-il. C'est Xavier Darcos, ministre de l'Éducation, qui, le premier, lui a communiqué ces bons résultats mercredi soir." Surtout, Le
Figaro expose l'usage politique de ces bons sondages par le Ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale : "« Dans Paris Match, j'ai pris huit points de popularité,
ajoute-t-il, cela montre que les Français ont compris. Les prescripteurs devraient se méfier car, une fois de plus, ils ne sont pas écoutés. »"
Dans une
interview au Journal du Dimanche, Françoise de Panafieu répond à la question : "Un récent sondage vous crédite de 33% d'intentions de vote aux municipales contre Bertrand Delanoë. C'est mal
parti..." Voici la réponse de la candidate UMP : "Restons prudents : quelques mois avant les dernières municipales, M. Séguin était à 62% et M. Delanoë à 29%. Au début d'une campagne, le
Maire sortant a toujours un avantage."
Le Parisien (jeudi 20 septembre 2007) analyse les relations
entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. L'article intitulé "le calvaire du Premier ministre" rapporte les propos suivant : "le problème c'est que Sarkozy veut tout faire, soupire un
dirigeant de la majorité. Les ministres n'ont plus qu'un rôle de figuration et lors de la réunion hebdomadaire à l'Elysée, personne ne dit rien. D'ailleurs quand quelqu'un lui fait une remarque,
il répond : tu as vu mes sondages ?..."
lequel est détaillée la réunion des jospinistes dimanche à Paris : "Toute la
journée on a donc débattu très sérieusement de mondialisation, d'individualisme et d'avenir du PS. On a vu Jean Glavany s'en prendre au sondeur Pascal Perrineau ("On a désigné Ségolène
Royal parce que vous nous aviez dit qu'il n'y en avait qu'une qui pouvait gagner !"), Jospin interroge le même sondeur sur la méthodologie, comme le ferait un étudiant."
Dominique de Villepin : Je pense qu'il est très difficile de trouver le juste équilibre. Dans le fond on a soit le choix qui est le mien qui est de se tenir gardé,
d'essayer de préserver un espace de liberté, de réflexion, d'écriture, de temps qui vous permet d'être vous-même et d'aller suffisamment au fond de vous-même. Sinon, on prend le risque d'une
forme de schizophrénie politique.
Un article du Monde (mercredi 6 juin 2007)
intitulé "A Nantes, Ségolène Royal tente de conjurer une "Assemblée bleu nuit" nous rapporte les propos de l'ex-candidate PS en meeting : "Puis ce fut l'ex-candidate qui tenta - avec
peine - de retrouver ses envolées de campagne : "Ne vous laissez pas faire par le matraquage médiatique et sondagier ! Non, M. Sarkozy n'est pas le sauveur suprême qui va transformer le plomb en
or. Lui et ses amis gouvernent depuis cinq ans. Ce sont eux qui ont entraîné le pays dans l'impasse."
Dans les dernières heures de la campagne électorale, Ségolène Royal choisit comme stratégie de s'attaquer aux sondages. Dans un entretien accordé au Parisien publié ce matin, à la question "Tous les sondages disent que Nicolas Sarkozy va gagner...", Ségolène Royal répond "Ah, les sondages ! Pour moi, le seul qui vaille, c'est le vote des Français." Ségolène Royal, pourtant lectrice attentive des sondages, n'a pas relevé que le nombre d'indécis était mentionné dans la quasi totalité des sondages d'intention de vote publiés.
Puis lors d'une réunion publique à Lorient dans le Morbihan, elle a affirmé : "Les sondages matraquent de telle façon à démobiliser les électeurs puisque jamais ils ne sont accompagnés de la précision sur le nombre d'indécis. [...] Il y a donc encore de l'espoir pour ceux qui pensent que tout est joué [...] Quand j'entends la droite dire que les carottes sont cuites je trouve ça indécent. Je dis aux électeurs c'est à vous de décider, ce n'est pas aux sondages ! ". En déplacement au Petit-Bornand en Haute-Savoie, Nicolas Sarkozy a confirmé "ce ne sont pas les sondages, ce ne sont pas les médias qui feront l'élection, c'est vous".
Alors que Ségolène Royal n'a pas commenté les sondages, qui depuis le début de la campagne ne l'ont jamais placé en tête ni au premier ni au second tour, à deux jours de l'échéance, elle lance une attaque en règle contre les enquêtes d'opinion, qui lui sont toutes défavorables. Il s'agit évidemment pour la candidate socialiste de remobiliser ses électeurs potentiels et de convaincre les indécis dans un contexte médiatico-sondagier qui anticipe et annonce la victoire de son rival.
Le Point dans un article intitulé "Sarkozy peut-il perdre ?" révèle les coulisses du premier tour et rapporte que samedi 20 avril, une projection privée d'un film a été organisé par Maurice Lévy, le Président de l'agence de publicité Publicis : "Dominique Strauss-Kahn y a livré là ses calculs à partir des ultimes sondages secrets qui donnaient la tendance vérifiées ensuite dans les
urnes : "Si Nicolas Sarkozy devance Ségolène Royal de plus de 4 point alors tout sera joué"". Confirmation que les sondeurs continuent leur activité jusqu'à la veille même du scrutin, et diffuse de manière confidentielle leurs derniers sondages, perpétuant ainsi un accès différencié à l'information.
Le Point revient ensuite sur le rapport du candidat UMP aux sondages :"Depuis des semaines, Nicolas Sarkozy répète qu'il est seul et qu'il n'écoute pas grand monde, surtout pas ceux qui l'abreuvent de conseils, définitifs ou dérisoires. "Il suffit d'un mauvais sondage pour qu'ils croient tout perdu ou d'un bon pour que je sois le Mozart de la politique", ironisait-il il y a quelques jours. Les sondages qu'il épluche depuis si longtemps peuvent le rendre intarissable. Ainsi se moquait-il encore : "je n'ai jamais eu un mauvais sondage, je fais désespérément la course en tête et on me demande de commenter ma chute !" Nouvelle confirmation de l'attention très forte portée par Nicolas Sarkozy aux enquêtes d'opinion.
Dans un article intitulé "Les métamorphoses de Nicolas Sarkozy" (jeudi 26 avril 2007), Le Monde rapporte les propos de Nicolas Sarkozy à propos de "Franck Tapiro, jeune publicitaire, a été évincé du staff : "Un type intelligent et imaginatif, raconte M. Sarkozy, mais un blablateur. Au moindre sondage qui baisse, c'est la panique. François de la Brosse, qui l'a remplacé, c'est un calme, il ne diffuse pas de stress." L'analyse des sondages consiste à prendre du recul par rapport aux chiffres, ce qui implique de garder la tête froide et de ne pas laisser ses émotions prendre le dessus. En positif, comme en négatif.
Le Figaro (lundi 9 avril 2007) publie un article intitulé "Royal veut conjurer les mauvais sondages" dans lequel est analysée la dynamique de campane de la candidate du PS : "Au-delà du cercle militant socialiste, la candidature Royal peine à susciter l'enthousiasme. « 45 % des Français sont indécis », répond Ségolène Royal à ces mauvais résultats. À cela, elle ajoute les jeunes des banlieues qui ne sont pas pris en compte parce qu'ils n'ont pas de téléphone fixe et tous les Français « qui ne répondent plus aux sondages ». Bref, elle veut croire que les sondeurs seraient dans l'incapacité de mesurer de manière fiable l'état de l'opinion."
Dans un article intitulé "Villiers ironise sur les "cabris"" (mercredi 28 mars 2007), Le Figaro révèle les ambitions de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France : "Le député souverainiste espère atteindre les 5 % des voix qui permettent d'être remboursé des frais de campagne, et prendre date pour les législatives de juin prochain et les municipales de mars 2008. « Si je gagne 1 à 1,5 % d'intentions de vote supplémentaires chaque semaine jusqu'au scrutin, je peux obtenir entre 6 et 7 % des voix comme Bayrou en 2002, assure-t-il. Lors de la dernière présidentielle, 20 % des Français se sont décidés dans les huit jours qui ont précédé l'élection. »" Actuellement, Philippe de Villiers est crédité de 2 à 3% d'intentions de vote. En 1995, il avait obtenu 4,7% au premier tour.
Dans un article intitulé "La semaine des trois défis de Ségolène Royal" (mardi 13 mars 2007), Libération nous indique que "Ségolène Royal a fixé la ligne, dimanche soir, lors de la réunion du pôle «expression publique» de son équipe : «On ne commente pas les sondages.» Alors que sa capacité à l'emporter sur Nicolas Sarkozy avait constitué, pendant la primaire, un de ses meilleurs arguments de vente... «Quand les sondages démontraient qu'elle battait Sarko, ils avaient toute leur importance, ironise un élu. Aujourd'hui, ils ont toute leur relativité.»" Nouvel exemple de l'ambiguïté du rapport des politiques aux résultats des sondages. Il convient toutefois de rappeler que Ségolène Royal commentait peu les sondages lorsqu'ils lui étaient favorables pendant la primaire socialiste.
La règle édictée par Ségolène Royal à propos des sondages n'est pas acceptée aisément. "Une ligne qui ne convainc pas l'ensemble du PS. «On ne commente pas les sondages, mais on ne fera jamais croire qu'on ne s'y intéresse pas, assure une élue. Surtout pour Ségolène Royal...»"
Invité dimanche 25 février 2007 de l'émission de M6 "Cinq ans avec...", Nicolas Sarkozy a déclaré à propos des sondages "Avec trois ou quatre sondages par jour, si je devais me dire ça y est, c'est arrivé quand ils sont très bons, ou ça y est, c'est perdu, quand ils sont un peu moins bons, je ne ferais plus mon travail." Discours classique et convenu de l'indifférence aux sondages.
Le Nouvel Observateur fait sa une avec un titre fort "Ce que les sondages vous cachent". Le sujet est traité par François Bazin qui écrit que ''Rien ne se passe comme prévu, ou tout au moins pas au rythme attendu. La faute à qui ? Aux sondages, bien sûr. Un par jour, quasiment. Sofres, Ipsos, Ifop, CSA : voilà les rois de la campagne. Ils disent «l'opinion des Français», ils nourrissent le commentaire, ils influent sur le comportement des candidats." L'influence des sondages ne porterait pas seulement sur les candidats mais sur la campagne tout entière "Sont-ils justes ? En tout cas, ils ne sont pas neutres puisqu'ils font tourner le système autour de leurs oracles. Ce sont des accélérateurs de mouvement dans un système médiatique qui, par nature, ne vit que dans l'urgence d'une élection encore virtuelle." Les sondages participent incontestablement au système médiatico-politique. Leur influence est indéniable, mais inférieure de loin à celle des médias qui décident de commenter ou non les résultats des sondages et surtout qui interprètent ces résultats. De ce point de vue, ce que les sondages nous cachent, c'est avant tout ce que les médias ne veulent pas divulguer.
Dans un article intitulé "La valse des sondages déboussole la campagne" (Le Monde, jeudi 22 février), Raphaëlle Bacqué analyse l'impact des sondages sur le début de la campagne électorale, et en particulier leurs incohérences : "Huit enquêtes d'opinion par semaine. Des premiers tours simulés entre des candidats, dont une bonne demi-douzaine ne sont pas encore sûrs d'obtenir les 500 signatures qui leur permettront de se présenter. Des seconds tours virtuels entre des hommes et des femmes qui peut-être ne pourront jamais y figurer. Des sondages réalisés avant une émission de télévision censée marquer une étape politique importante, mais publiés après." Le fait que les candidats testés n'aient pas encore obtenu leurs parrainages n'interdit pas réaliser des sondages, qui visent à mesurer le rapport de force présent. Tant que la campagne officielle n'a pas débuté, les sondages se font sur la base de candidatures hypothétiques, mais probables.
marqué par des titres exagérés pour être plus accrocheurs : "Et une valse de chiffres qui alimentent les gros titres des journaux. Samedi 17 février, Le Parisien titrait en "une" : "Elle décroche", en référence à un sondage du CSA où Ségolène Royal... gagnait pourtant 1 point d'intentions de vote, mais était donnée largement battue au second tour par Nicolas Sarkozy (45 % - 55 %). Lundi 19 février, Le Figaro assurait : "Nicolas Sarkozy prend le large", en référence à un sondage de la Sofres qui enregistrait une hausse de 1 point des intentions de vote en sa faveur au premier tour et une Ségolène Royal qui ne bougeait pas."
Interrogé sur RTL sur le sondage CSA qui fait état d'une progression de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy a déclaré : "J'ai eu 24 sondages qui me mettent en tête, je ne les ai jamais commentés. J'observais jusqu'à hier que l'équipe de Ségolène Royal indiquait que les sondages, ça ne voulait rien dire. J'imagine que depuis hier elle a changé d'avis" | Juillet 2008 | ||||||||||
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