Mercredi 1 avril 2009
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Par SurveySay
Ce matin le Président de la république était l'invité d'Europe 1. En voici un extrait :
JEAN-PIERRE ELKABBACH : Alors, on pourrait parler encore de politique étrangère, Monsieur le Président. Vous
avez entendu l’analyse du sondage SOFRES pour EUROPE 1 sur votre action contre la crise. Les Français vous trouvent, dans la crise, déterminé, largement, courageux, rapide, en revanche, pas
novateur, pas ou peu à l’écoute des gens, pas ou peu rassurant. Qu’estce que vous en pensez ?
NICOLAS SARKOZY : Mais moi, je n’ai pas à commenter les sondages, mais je comprends très bien qu’une grande
station comme EUROPE numéro 1 commente des sondages, que d’autres le fassent, mais Monsieur ELKABBACH, je suis déjà assez occupé, si en plus, je dois commenter les sondages, mais je n’en finis
plus. Mon problème n’est pas de commenter les sondages, les manifestations ou les éditorialistes, mon problème, mon rôle, oserais-je dire, ma responsabilité, c’est de prendre des décisions
avec sang-froid.
L'échange est intéressant à plus d'un titre.
D'abord, il faut remarquer qu'Europe 1 devient commanditaire de sondages, rôle
traditionnellement dévolu à la presse écrite, et de façon plus exceptionnelle à la télévision. Dans la concurrence entre les stations de radios et entre les différentes medias, Europe 1 choisit
de commander des sondages pour faire parler d'elle. C'est à ce titre, que le sondage est évoqué et soumis
au jugement du Président de la république.
Ensuite, la position de principe adoptée par le Président de la république est très classique : acteur, et non spectateur, il n'a pas à commenter l'appréciation de sa propre action. En
revanche, n'est-il pas tenu de commenter les manifestations ? Ne doit-il pas donner son analyse du message envoyé par les manifestants ?
A cet égard, relevons que Nicolas Sarkozy associe dans un même ensemble sondages, manifestations et éditorialistes (sans doute voulait-il dire éditoriaux). Quel est le point commun à ces trois
choses ? Les deux premiers se présentent comme une expression du peuple alors que les éditoriaux ne représentent l'avis que de leur propres auteurs. Le Président cherchait-il à déstabiliser son
interlocuteur sans doute considéré comme éditorialiste ?