Effets des sondages

Mercredi 3 juin 2009
- Par SurveySay
Dans un article intitulé "Benoît Hamon serre les dents", Le Parisien (mardi 3 juin 2009), nous apprend que Benoît Hamon, porte-parole du PS, troisième sur la liste en Ile-de-France, est inquiet pour sa réélection au parlement européen : "Pas question non plus d'avouer que les sondages lui donnent des sueurs froides. Pourtant, si le score du PS descend sou les 20 %, il n'est pas assuré de retrouver son siège d'eurodéputé, son seul mandat. Or hier un sondage BVA pour la presse régionale (réalisé en Ile-de-France sur 500 personnes du 27 mai au 1 e r juin) donne le PS dans la région capitale à 18 %, loin derrière l'UMP (30,5 %) et talonné par Europe Ecologie (16 %)." Ce n'est pas vraiment le sondages en tant que tel qui inquiète Benoit Hamon, mais plutôt la perspective qu'il révèle, c'est-à-dire l'éventualité de ne pas être réélu.
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Vendredi 13 mars 2009
- Par SurveySay
Dans un article intitulé "Présidentielle : le PS réfléchit à ses primaires à la française" (Le Figaro, jeudi 12 mars 2009), Nicolas Barotte évoque les différentes procédures de désignation du candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2012 : primaires réservées aux adhérents du PS ou primaires ouvertes à toute la gauche. La première méthode, utilisée en 2006, avait permis à Ségolène Royal de l'emporter, notamment en s'appuyant sur les sondages qui la donnait favorite pour créer une dynamique de victoire.

L'article cherche donc à savoir quel candidat potentiel serait favorisé par tel ou tel type de primaire : "À qui profiteraient ces primaires ? [...] Dans les enquêtes d'opinion, la première secrétaire caracole désormais en tête. «C'est dans le parti que Ségolène est populaire, désormais elle l'est moins dans l'opinion», assure un cadre, proche de Strauss-Kahn." Le raisonnement semble supposer que le favori des sondages serait nécessairement désigné par les adhérents. Il s'agit là d'une idée faussement accréditée en 2006 par la coïncidence de la supériorité de Ségolène Royal dans les enquêtes d'opinion et de sa victoire finale dans les primaires. Il n'existe pas de lien de cause à effet entre les deux : la domination sondagière ne se convertit pas automatiquement en victoire électorale. L'histoire politique l'a démontré à de nombreuses reprises, et pour la dernière fois lors du Congrès de Reims en 2008 quand Martine Aubry, bien que nettement distancée dans les enquêtes par Berntrand Delanoé et Ségolène Royal, fut élue Première secrétaire. En revanche, il faut observer que les performances dans les sondages contribuent à créer une dynamique lors de campagnes électorales.

L'article se termine sur cette phrase : "Quoi qu'il en soit, on peut déjà connaître l'argument des présidentiables mal classés : non à la dictature des sondages dans le choix du candidat." L'expression "dictature des sondages" est évidemment exagérée pour effrayer. Personne ne croit réellement que les sondeurs votent à la place des électeurs. Cette position est avant tout politique : elle permet de se draper dans le manteau de la défense de l'indépendance d'esprit pour mieux cacher ses faiblesses. Elle est d'ailleurs systématiquement soutenue par ceux qui sont distancés dans les sondages, comme Laurent Fabius en 2006 (cf. notre post).

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Dimanche 9 décembre 2007
- Par SurveySay
rocard.jpg Le Nouvel Observateur (6 décembre 2007) publie des extraits du livre de Ségolène Royal. L'un d'entre eux relate une visite de Michel Rocard au QG de la candidate. L'ancien Premier ministre lui aurait alors dit : "«Oui, reprend-il, tu n'y arriveras pas. Je suis le meilleur candidat. Il faut que tu te désistes en ma faveur.» Il sort alors d'un classeur une liasse de sondages surlignés au feutre. Je comprends que l'acte de destitution est prêt. Michel me dit : «Tu vois, j'ai les sondages. Depuis des années, j'ai les sondages. C'est moi le plus populaire dans la durée. Tu dois te retirer.»"

Cette anecdote illustre à quel point Michel Rocard n'a pas encore fait le deuil de ses ambitions présidentielles. Surtout, il montre comment une mauvaise interprétation des chiffres peut conduire à des erreurs stratégiques. En l'occurence, Michel Rocard reste certes très populaire, et a longtemps bénéficié de cote de satisfaction enviable, mais cette longévité sondagière ne lui donnait pas une légitimité suffisante pour incarner la candidature du PS
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Mercredi 28 novembre 2007
- Par SurveySay
Hollande-2.jpg Dans un article intitulé "Hollande se prépare déjà pour la présidentielle" Le Figaro (mardi 27 novembre 2007) indique que "Dans les sondages, le premier secrétaire demeure toujours à la traîne des autres leaders socialistes. François Hollande n’a pas l’air de douter pour autant." Le Maire de Tulle  conserve tous ses espoirs  pour l'échéance de 2012. Il doit savoir que les 4 années qui nous séparent du prochain scrutin pourront être mises à contribution pour modifier son image et refaire son retard dans les sondages. Il comprend sans doute également que sa fonction de Premier secrétaire du PS, fonction qu'il occupe depuis 10 ans, l'empêche d'avoir une parole aussi libre que celle des autres socialistes. En revanche, François Hollande n'a pas su tirer parti dans les sondages de cette position de premier opposant naturel, comme l'avait fait François Mitterrand au tout début des années 1980.
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Jeudi 22 novembre 2007
- Par SurveySay
Le Nouvel Observateur (jeudi 22 novembre 2007) publie un article sur Rachida Dati intitulé "l'ivresse de la favorite" dans lequel le lecteur apprend que sa candidature à Paris avait été envisagée ailleurs que dans le VIIème arrondissement : "Se place-t-on sur le terrain de la politique, qu'elle manie la langue de bois, assurant par exemple qu'il n'a jamais été question  qu'elle se présente aux élections municipales dans le XIIème arrondissement, alors que l'UMP a testé sa candidature dans un sondage".

Quelles sont les raisons qui ont finalement conduit la Garde des Sceaux à préférer une candidature dans le VIIème arrondissement ? La certitude d'une victoire dans un des arrondissements les plus à droite de la capitale ou l'annonce par les sondages
d'une défaite dans l'arrondissement qui a fait basculé Paris à gauche en 2001
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Jeudi 11 octobre 2007
- Par SurveySay

20h

Dans un article intitulé "Présidentielle : vers un horaire unique de fin du vote ?", Le Figaro (mercredi  10 octobre 2007) indique que la Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle a fait plusieurs recommandations : "La première concerne la publication de sondages. Malgré l'interdiction légale et l'amende pouvant aller jusqu'à 75 000 euros par infraction, ceux-ci ont été disponibles sur Internet bien avant la fermeture des derniers bureaux de vote. [...]". Chacun pouvait consulter sur les sites belges ou suisses les premières estimations, souvent transmises par les instituts français eux-mêmes. Cet état de fait nuit dangereusement au principe de non-influence du scrutin.

La CNCCP propose ainsi d'unifier l'heure de fermeture à 20h de tous les bureaux de vote en métropole. Jusqu'à présent, trois heures de fermeture coexistent : 18h dans les communes rurales et moyenne, 19h dans les métropoles régionales et 20h dans les grandes villes. Or, les estimations du vote diffusées à 20h sont réalisées "d'après les résultats connus dans des bureaux de vote fermant à 18h." L'heure unique de fermeture des bureaux de vote signifie la fin de l'annonce des résultats à 20h. C'est pour cette raison que nous estimons que cette recommandation a peu de chances d'être suivie : le démocratie a besoin de cette dramaturgie du dévoilement des résultats (à heure fixe, après une phase de suspense, un décompte...)

La Commission préconise également de "renforcer les sanctions encourues en cas de violation de l'interdiction de diffusion des sondages sortie des urnes ou des estimations de résultats". Le Figaro indique qu'elle "envisage leur « interdiction totale » au cas où ces sanctions seraient inefficaces dans le contexte du développement d'Internet". L'interdiction totale des estimations n'aura sans doute jamais lieu parce que c'est le seule façon de connaître rapidement et de façon fiable les résultats du scrutin.
En revanche, le renforcement des sanctions pour mlimiter la diffusion des estimations et les "fuites" seraient sans doute nécessaires et productifs.
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Mercredi 10 octobre 2007
- Par SurveySay
Delanoe.jpg Dans un article intitulé "A Paris, Delanoë se met en danger pour se rassurer" (mercredi 10 octobre 2007), Libération nous indique que le principal souci de Bertrand Delanoë est "être donné gagnant à Paris cinq mois avant l’échéance des municipales. Ne pas se laisser griser par le succès de Vélib’ et les sondages qui le créditent de 47% d’intentions de vote." Les sondages favorables enivrent, portent à l'ivresse et finalement peuvent altérer la lucidité de ceux qui prennent des vessies pour des lanternes, des sondages pour le vote réel. Le Maire de Paris adopte donc une attitutde raisonable en se montrant très méfiant de ses bonnes performances sondagières. 
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Mardi 9 octobre 2007
- Par SurveySay
Dans un article intitulé "Sarkozy repart en campagne (mardi 9 octobre 2007), Le Figaro donne une explication de la récente baisse dans les sondages connu par Nicolas Sarkozy : "Car, à l'Élysée, on regrette encore la déclaration de François Fillon sur « la France en faillite ». Un conseiller du président de la République estime, loin des micros, que cette phrase a entraîné la descente dans les sondages de Nicolas Sarkozy." On peut comprendre que l'expression attise la crainte d'un plan de rigueur. Mais il est plus difficile d'accepter l'idée que la phrase prononcée par le Premier ministre serait responsable de la baisse du Président de la République, alors que l'auteur même de cette phrase est épargné par ce mouvement baissier. 
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Mercredi 9 mai 2007
- Par SurveySay

Ségolène Royal Le Monde (lundi 7 mai 2007) publie un article intitulé "De vivats en rappels, d'un balcon à l'autre, la candidate goûte, une dernière fois, le parfum de la gloire" dans lequel est indiqué que "Ségolène Royal sait depuis trois jours qu'elle a perdu l'élection présidentielle. Des larmes ont coulé de ses yeux, jeudi, à Lille : trois nouvelles études d'opinion l'avaient donnée largement distancée après le débat avec Nicolas Sarkozy. Elle n'avait plus voulu voir personne, et quitté le Nord pour Paris en voiture, délaissant son équipe et les artistes qui l'avaient accompagnée en train." 


Dans Antigone, Sophocle écrit "Personne n'aime le messager porteur de mauvaises nouvelles". En l'occurence, les messagers étaient au nombre de trois : les trois sondages qui ont annoncé la victoire de Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé, victoire qui annonçait celle de dimanche.

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Lundi 9 avril 2007
- Par SurveySay
Dans un article intitulé "La fusion du politique et du médiatique" (Libération, jeudi 5 avril 2007), Denis Muzet analyse "la grande lessiveuse médiatique" de la campagne présidentielle de 2007, qui s'alimente de "la «course de chevaux», tiercé, quarté, quinté, plus des sondages, instruments de connaissance de l'opinion, photographies instantanées nous dit-on, comme s'ils n'étaient que le reflet fidèle de la réalité, alors que cette réalité ils la reflètent certes, mais ils la construisent surtout, en campant les rapports de force, en renforçant les dynamiques de crédibilité ou de scepticisme sur Untel ou Unetelle, en «dramaturgisant» le temps long de la campagne."

L'influence des sondages sur la campagne électorale est indéniable mais difficile à cerner précisément. Premier constat : ce n'est pas temps la prise de température (le sondage en lui-même) que la révélation de la température existante (les résultats du sondage) qui affecte le moral du patient (les candidats). L'outil, la technique, qui n'est pas encore optimale, sont moins néfastes que leurs usages.

Ensuite, il faut reconnaitre une incidence positive à l'activité des sondeurs : elle permet de structurer l'évolution de la campagne en la rendant lisible sous forme de courbes et de chiffres. Le sondage, comme le temps intermédiaire ou temps de passage dans une descente de ski alpin, permet de situer les candidats les uns par rapport aux autres. La course est alors mieux comprise. Mais, parallèlement, cette fonction pénalise les candidats en baisse et avantage ceux qui sont en hausse ou en tête : en révélant les tendances politique à l'oeuvre, le sondage les amplifie en attirant la lumière médiatique. Tout mouvement significatif dans les intentions de vote génère une forte exposition médiatique. Cette situation impacte nécessairement les scores des candidats concernés, ce qui génère une couverture médiatique renouvelée. Ces spirales médiatiques depuis longtemps identifiées par les observateurs altèrent les résultats mesurés par les sondages.

Ce lien sondages-medias, ou plus exactement le commentaire médiatique des sondages, se situe au coeur de ce qui est appelé, à tort, l'influence des sondages. L'influence est avant tout exercée par les medias dans le fait de choisir ou non de commenter un sondage, puis dans l'angle choisi pour réaliser ce commentaire. Et l'analyse médiatique des résultats des intentions de vote se réduit souvent à un commentaire sportif : celui-ci "fait la course en tête", celui-là "réduit l'écart", ... C'est la pente naturelle de l'analyste. Mais certains sondages méritent une réflexion plus poussée.

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