Deux effets des sondages sur le vote
Depuis l'apparition des sondages on discute des effets potentiels des intentions de vote sur le choix électoral des citoyens. Deux d'entre eux ont été mis en évidence par la science politique américaine. Elles pourraient exercer sur les électeurs un effet bandwagon (« rallier le train en marche ») : les intentions de vote, indiquant le leadership du candidat X, inciteraient les citoyens à délaisser le candidat Y (et les autres), pour rejoindre le camp du leader. Ces sondages, par le réveil et la stimulation d'un comportement grégaire des individus, feraient converger les électeurs vers le candidat en tête. A l'inverse, les intentions de vote pourraient susciter un effet underdog (« secourir le perdant ») : le candidat en retard dans les enquêtes d'opinion se rendrait sympathique aux yeux des électeurs qui voudraient lui éviter le sort que les sondages lui prévoient, et le transformeraient ainsi en vainqueur dans les urnes.Généralement, les sondeurs affirment que ces deux effets sont sans impact sur les résultats électoraux, puisque, selon les chiffres d'autres sondages, ils se compenseraient. Cependant, après plusieurs décennies de recherche scientifique, il n'y a pas encore de démonstration pleinement satisfaisante de l'existence d'effet(s) des sondages sur le vote des électeurs. Sans en apporter la preuve, pour le moment, on peut aussi évoquer un effet des sondages sur le taux de participation à un scrutin, et, partant, un effet indirect sur les pourcentages respectifs des candidats.
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