Hypothèse
François Bayrou connait depuis plus de deux mois une ascension régulière dans les intentions de vote qui le placent aujourd'hui à un niveau de 23%-24%, soit plus de trois fois son score de 2002. Il se trouve ainsi en mesure de se qualifier pour le second tour et de l'emporter. Cette progression a bénéficié du caractère inaudible des "petits" candidats : aucun d'entre eux ne dépasse la barre des 3%. Par ailleurs, la candidature de Jean-Marie Le Pen s'établit certes à niveau plus élevé qu'en 2002 mais reste stable (entre 11% et 13%), ne catalysant que les seuls vote protestataires. Elle s'effectue également au détriment des deux principaux candidats.
Ségolène Royal est dans la situation la plus dangereuse. Elle a cédé beaucoup de terrain au candidat centriste (de l'ordre de 7 à 5 points) et se trouve aujourd'hui à égalité avec lui. Elle risque d'être prochainement rétrogradée en troisième place (ce qui sera représenté dans les intentions de vote par le fameux croisement des courbes) et ainsi de ne plus être en mesure de figurer au second tour. Nicolas Sarkozy est lui aussi atteint par l'ascension de François Bayrou. Le candidat UDF capte une partie de son électorat et, surtout, à en croire les enquêtes de second tour, serait le seul candidat capable de le battre.
Partant de ce constat, nous pouvons avancer l'hypothèse que l'élection présidentielle fait l'objet d'une transformation en plébiscite pro ou anti-Sarkozy. Et le candidat en mesure de vaincre la candidat UMP bénéficierait mécaniquement du soutien d'une partie de l'électorat, soutien motivée avant tout par cette capacité et seulement de façon secondaire par une adhésion idéologique. A l'appui de cette thèse, rappelons que la capacité à battre Nicolas Sarkozy telle qu'elle est mesurée par les sondages, a permis à Ségolène Royal d'être investie par les adhérents socialistes. Mais la candidate socialiste ne tiendrait plus cette promesse de victoire sur Nicolas Sarkozy. Et aujourd'hui seul François Bayrou serait en mesure de l'emporter, ce qui pourrait expliquer en partie son niveau dans les enquêtes d'opinion. La dynamique dont bénéficie le Béarnais ne s'explique pas seulement par cela. Mais cette grille de lecture parait opérante pour rendre compte d'une partie de ce phénomène.
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