Incapacité
Le Figaro (lundi 9 avril 2007) publie un article intitulé "Royal veut conjurer les mauvais sondages" dans lequel est analysée la dynamique de campane de la candidate du PS : "Au-delà du cercle militant socialiste, la candidature Royal peine à susciter l'enthousiasme. « 45 % des Français sont indécis », répond Ségolène Royal à ces mauvais résultats. À cela, elle ajoute les jeunes des banlieues qui ne sont pas pris en compte parce qu'ils n'ont pas de téléphone fixe et tous les Français « qui ne répondent plus aux sondages ». Bref, elle veut croire que les sondeurs seraient dans l'incapacité de mesurer de manière fiable l'état de l'opinion." Quand les résultats des enquêtes ne sont plus satisfaisants, il est aisé de critiquer la façon dont ils sont recueillis. Reprenons un à un les arguments évoqués. La part d'indécis (42% des électeurs) correspond à ce qui qui est généralement observé à deux semaines d'un scrutin présidentiel. Les jeunes de banlieue ne sont pas tous nécessairement inscrits sur les listes électorales ni même tous "pro-ségo". Il est vrai cependant d'observer que les électeurs qui ne détiennent qu'un numéro de téléphone portable sont exclus des enquêtes téléphoniques, conduites dans la très grande majorité des cas sur des lignes fixes pour des raisons de coûts. Mais, en raison de la faiblesse numérique de ce segment de l'électorat, cette situation ne devrait pas bouleverser le résultat des intentions de vote. Enfin, rien n'indique que les Français refusent davantage de répondre aux sondages. Il faut cependant toujours préciser que les sondages sont représentatifs uniquement de l'opinion des Français qui acceptent d'y répondre.
Publicité