Matraquage
Dans les dernières heures de la campagne électorale, Ségolène Royal choisit comme stratégie de s'attaquer aux sondages. Dans un entretien accordé au Parisien publié ce matin, à la question "Tous les sondages disent que Nicolas Sarkozy va gagner...", Ségolène Royal répond "Ah, les sondages ! Pour moi, le seul qui vaille, c'est le vote des Français." Ségolène Royal, pourtant lectrice attentive des sondages, n'a pas relevé que le nombre d'indécis était mentionné dans la quasi totalité des sondages d'intention de vote publiés.
Puis lors d'une réunion publique à Lorient dans le Morbihan, elle a affirmé : "Les sondages matraquent de telle façon à démobiliser les électeurs puisque jamais ils ne sont accompagnés de la précision sur le nombre d'indécis. [...] Il y a donc encore de l'espoir pour ceux qui pensent que tout est joué [...] Quand j'entends la droite dire que les carottes sont cuites je trouve ça indécent. Je dis aux électeurs c'est à vous de décider, ce n'est pas aux sondages ! ". En déplacement au Petit-Bornand en Haute-Savoie, Nicolas Sarkozy a confirmé "ce ne sont pas les sondages, ce ne sont pas les médias qui feront l'élection, c'est vous".
Alors que Ségolène Royal n'a pas commenté les sondages, qui depuis le début de la campagne ne l'ont jamais placé en tête ni au premier ni au second tour, à deux jours de l'échéance, elle lance une attaque en règle contre les enquêtes d'opinion, qui lui sont toutes défavorables. Il s'agit évidemment pour la candidate socialiste de remobiliser ses électeurs potentiels et de convaincre les indécis dans un contexte médiatico-sondagier qui anticipe et annonce la victoire de son rival.