Le marketing des sondages de Ségolène Royal
Dans un article intitulé "" Libération (mardi 24 octobre 2006) analyse l'usage des sondages par Ségolène Royal pendant la campagne. La démarche est identique depuis le début : "«Ségolène Royal regarde ce qui monte dans l'opinion sur un sujet précis, elle attaque la ligne socialiste, elle se fait attaquer en retour par son camp, résume un sondeur. Puis elle attend le sondage qui montre qu'elle a le soutien de l'opinion.» Le tout dans un timing soigné." Effectivement, sur différents sujets comme la carte scolaire ou les jurys populaire, Ségolène Royal a adopté une ligne politique opposé à celle du PS, ce qui a suscité offuscation et polméique, avant qu'un sondage rendu public ne vienne valider ses opinions.
Cette stratégie suppose une écoute attentive de l'opinion publique : "«Son équipe n'a pas forcément les budgets pour commander beaucoup de sondages, estime un sondeur. Mais elle utilise les sondeurs en tant que consultants. Ils se prêtent à l'exercice, car ils anticipent sur des commandes importantes...» A charge pour ses deux conseillers, Nathalie Rastoin, directrice de l'agence de pub Ogilvy et spécialiste de l'épluchage des «qualis», les études qualitatives, et Gérard Le Gall, ex-responsable des sondages de la campagne Jospin, de décrypter les tendances." Nous avions déjà identifié dans léquipe de campagne de Ségolène Royal, le rôle de Nathalie Rastoin (cf. notre post http://sondages2007.over-blog.com/article-4084140.html), qui elle aussi conseille bénévolement la candidate.
Le manque de moyens financiers est compensé par une lecture précise et exhaustive des sondages rendus publics : "«Il y a un suivi des enquêtes pour 95 % des études publiées, explique Le Gall. Les sondages sont un matériau à utiliser, comme les travaux des sociologues. Mais Ségolène Royal ne fait pas de commandes à Ipsos [institut avec lequel travaille Sarkozy, ndlr] pour savoir ce qu'elle doit dire.» Reste que, sur le mariage gay ou plus récemment l'adhésion de la Turquie, la favorite des sondages a, dans le temps, varié parallèlement à l'opinion."