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La
rumeur existe depuis plusieurs mois : l'Elysée pourrait créer une Direction de la Communication qui absorberait le Service d'Information du Gouvernement, jusqu'ici rattaché à Matignon. Le Point (jeudi 6 décembre 2007) confirme :
"idée hautement stratégique : avec 10 millions d'euros de budget annuel, le SIG a la haute main sur la communication des ministères. Il consacre aussi 2 millions par an à des études
d'opinion dont les résultats ne sont pas toujours publiés, mais qui conforte le chiffre d'affaires des instituts de sondages". Rattacher le SIG à l'Elysée, véritable centre du
pouvoir, ne ferait que mettre en adéquation l'organigramme administratif avec la réalité. Et, l'idée d'intégrer l'activité "études d'opinion" à cette éventuelle Direction de la
Communication semble indiquer que la Présidence perçoit les sondages davantage comme des outils de communication que des outils de connaissance.
Dans un article
intitulé "Segolène Royal, opération reconquête" (mardi 3 décembre 2007), Le Monde indique que "l'économiste Thomas Piketty, [...] a proposé à l'ancienne candidate de travailler à partir du
script du débat télévisé avec Nicolas Sarkozy, en mettant en parallèle les propositions avancées par les deux candidats et les sondages recueillis à chaud évaluant leur
crédibilité."
Dans le Journal du
Dimanche (2 Décembre 2007, "Royal: L'heure des "retrouvailles""), Pascale Amaudric indique que Ségolène Royal insiste dans son livre Ma plus belle histoire , c'est vous "sur les
"forces" de l'adversaire Nicolas Sarkozy, qui avait à sa disposition "tout l'appareil d'Etat, qui pouvait manipuler les sondages et la presse, qui pouvait
compter, lui, sur un parti uni et mobilisé", etc. La liste est longue."


Dans un article intitulé "À Marseille, Gaudin fait la course en tête devant Guérini" (Le Figaro (mercredi 28 novembre 2008) rappelle qu'en
septembre "un sondage dévoilé par le socialiste donnait les deux rivaux au coude-à-coude dans les «souhaits de victoire». Pour répliquer à cette enquête, le maire de Marseille a
dévoilé son propre sondage, qui lui est nettement plus favorable. Réalisé par TNS Sofres auprès de 700 personnes, du 11 au 13 octobre, alors que celui de BVA pour le PS avait été
effectué du 20 au 24 septembre auprès de 800 personnes, il donne Jean-Claude Gaudin vainqueur avec 55% d’intentions de vote contre 45% à Jean-Noël Guérini." Voilà une illustration frappante
d'un usage des sondages que nous n'avions pas encore aussi clairement identifié : l'affrontement politique par sondage interposé. Dans cette bataille à coup de chiffres, chacun
des deux camps en présence (le Maire en place, UMP, et son opposant PS) fait appel à un institut de sondages différents. A la différence d'autres pays, comme les Etats-Unis par exemple, les
instituts de sondages français affichent une neutralité politique et partisane. Mais le choix d'un institut différent de celui qui a réalisé le premier sondage montre le manque de confiance des
politiques, peut-être plus soupçonneux, dans l'impartialité des instituts.
Le Canard Enchaîné
(mercredi 7 novembre 2007) écrit en page 2 une brève intitulé "Nos amis les sondeurs", dans laquelle il rapporte que Nicolas Sarkozy cherche à s'appuyer sur l'opinion, telle
que mesurée par les sondages, pour faire face aux grèves annoncées en réaction à la réforme des régimes spéciaux : "pour faire plier les grévistes, il compte sur les enquêtes
d'opinion que les conseillers de l'Elysée commandent ou encouragent leur amis sondeurs à réaliser." Dans une démocratie moderne, le rapport de force est médiatisé. Au nombre de
manifestants ou de grévistes, l'exécutif cherche ainsi à opposer le nombre de la "majorité silencieuse", que seuls les sondages arrivent à faire parler. Il est naturel que les sondeurs cherchent
à recueillir l'opinion. En revanche, les commandes ou pressions amicales du pouvoir pour susciter, voire orienter les sondages, ne sont pas acceptables et constituent de la manipulation.
Rappelons à cet égard que la Commission des sondages ne contrôle que les sondages comprenant des intentions de vote et ne vérifie jamais l'acheteur du sondage mais exige seulement le nom de
l'organisme qui le publie.
Dans un article
intitulé "Sarkozy : au diable les « politicailleries »" (Le Point, jeudi 4 octobre 2007), Sylvie Pierre-Brossolette indique que le Président de la République "semble être prêt, en revanche, à
faire des concessions à l’opposition sur des questions symboliques. Quand Jego plaide pour une limite des mandats dans le temps, de préférence au mandat unique, il a trouvé un président
dubitatif. Il faudra bien négocier la réforme constitutionnelle avec la gauche, dont le mandat unique est un dada, sans compter l’opinion, qui est pour. Les sondages, à l’Elysée, dictent
souvent leur loi."
Un
article intitulé "le quinquennat de DSK" (Le Point, jeudi 4 octobre 2007) évoque les confitions d'une possible candidature de Dominique Strauss-Kahn à l'élection
présidentielle de 2012 : "Si Sarkozy est très haut dans les sondages, Dominique n'ira pas Jouer "massacre à la tronçonneuse" !" avertit un de ses lieutenants." Les
sondages jouent un rôle important dans la prise de décision du lancement d'une candidature, les sondages sur ses propres performances mais aussi sur celles de l'adversaire. Pour que la décision
soit prise, il faut un espoir de victoire qu'alimente ou non les sondages pré-électoraux.
Dans un article intitulé "L'après-Royal ouvre au Parti
socialiste une périlleuse épreuve de vérité" (vendredi 21 septembre 2007), Eric dupin écrit dans Le Figaro que Ségolène Royal "aura du mal à emprunter une stratégie de contournement du PS par
l'opinion. Sa popularité, qui fut au principe de sa fortune politique, n'est plus qu'un souvenir. Au manège des faveurs publiques, Bertrand Delanoë l'a bel et bien supplantée. Le
maire de Paris est présenté comme la personnalité politique française la plus populaire, dans une enquête Ifop, avec 76 % de « bonnes opinions ». À ce palmarès, Royal n'arrive qu'en
vingt-troisième position, avec 49 % de jugements favorables (et autant de défavorables)." L'ancienne candidate subit en effet depuis son échec à l'élection présidentielle une perte de
popularité très marquée. Dans les enquètes, elle est désormais régulièrement classée derrière Dominique Strauss-Kahn et surtout derrière le Maire de Paris.
Dans un article publié le mercredi 12
septembre 2007 intitulé "Nicolas Sarkozy connaît une première baisse de régime depuis son arrivée au pouvoir", Le Monde analyse l'impact des sondages sur le moral de l'équipe élyséenne :
"Enfin, deux sondages ont achevé de ternir l'ambiance. Dans l'un, IFOP-Paris Match à paraître
jeudi, le chef de l'Etat perd 5 points en deux mois, passant à 62 % d'approbation. Une baisse ciblée, provenant principalement de ceux qui déclarent "approuver tout à fait" sa politique, soit le
cœur de ses supporters. Dans une autre enquête du même institut sur la "popularité des personnalités politiques", le président de la République pointe en septième position,
enregistrant là encore une chute de 5 points, à 66 %." Rectificatif : Il s'agit en fait non pas de deux mais d'une seule et même enquête : le Tableau de bord des personnalités Ifop-Paris
Match. Une première question recueille l'approbation de l'action du Président de la République, une seconde sa cote d'opinion.
Selon la dixième vague du Politoscope, baromètre réalisé par OpinionWay pour Le Figaro et LCI (vendredi 16 mars 2007), 55% des Français se déclarent favorables à la création d'un « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ». Les sympathisants UMP (82%) et même les sympathisants UDF (59%) approuvent majoritairement cette mesure. Et 56% des Français estiment que la maîtrise de l'immigration sera un enjeu important pour le prochain gouvernement. Une personne sur quatre l'estime même prioritaire. Seuls 19 % des Français tiennent la question pour secondaire.
Dans un article intitulé "La campagne tourne à l’orage" (vendredi 26 janvier 2007), le Figaro rapporte les propos de Nicolas Sarkozy sur l'enquête des Renseignements Généraux sur le conseiller de Royal : "« C’est parfaitement ridicule. Je comprends très bien que M. Hollande veuille reprendre la main pour mener une campagne en lieu et place de Mme Royal, vu la situation de la candidate. Je n’ai rien commandé, j’ai autre chose à faire. Mon cabinet n’a jamais rien commandé. C’est une tempête dans un verre d’eau pour essayer de faire oublier les sondages », a déclaré Nicolas Sarkozy, estimant que « ce n’est pas comme ça » que Royal « redonnera de l’air à son camp »."
Dans un article intitulé "José Bové attend les sondages avant de franchir le pas" (Le Figaro, mardi 23 janvier 2007), Rodolphe Geisler écrit "La balle est dans le camp des instituts de sondages. Si, d'ici à la fin de la semaine, ces derniers le créditent d'un score honorable, en tout cas supérieur à celui de Marie-George Buffet, alors José Bové devrait annoncer le 1er février sa candidature à l'élection présidentielle sans l'ombre d'une hésitation." Exemple d'un usage classique des sondages : tester la crédibilité d'une candidature. Il semble pourtant que la décision de candidature de José Bové ne tiennent pas uniquement aux résultats des sondages, et que, quels qu'ils soient, il se lancera dans la course à l'élection présidentielle.
Le Point (jeudi 4 janvier 2007) rapporte cette confidence d'un responsable de la LCR, qui peine à recueillir les 500 signatures nécessaires à la candidature d'Olivier Besancenot à l'élection présidentielle : "« Vu les sondages de Ségolène, on espère que l’effet 21 avril qui fait peur à beaucoup de Maires va rapidement s’estomper », confie-t-on à la Ligue".
Les sondages d'intentions de vote sont utilisés par les petits candidats pour obtenir les signatures en démontrant qu'ils disposent d'un véritable espace politique et que leur candidature est attendue par l'opinion. Dans le cas particulier de la LCR, il s'agit surtout de prouver que la candidature de Ségolène Royal n'est pas menacée par celle d'Olivier Besancenot, et qu'elle est en quelle que sorte assurée par son niveau élevé dans les sondages de figurer au second tour de l'élection présidentielle : les Maires peuvent donc sans risque accorder leur parrainage à Olivier Besancenot. Ce raisonnement - la certitude de la qualification pour le second tour de l'élection présidentielle - avait incité en 2002 Lionel Jospin à autoriser la multiplication des candidatures de gauche (PRG, MDC, LCR, Verts...) provoquant un émiettement des voix préjudiciables à sa candidature. Assistera-t-on au même phénomène en 2007 ?
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